Sept animaleries de Paris perquisitionnées


Les animaleries du célèbre quai de la Mégisserie, en plein cœur du 1er arrondissement de Paris, font l’objet d’une perquisition depuis ce matin dans le cadre d’une enquête sur les conditions de vente, de détention et de commercialisation des animaux. Un important dispositif a été déployé.

Paris, quai de la Mégisserie. Les stores des boutiques sont tous mi-clos. Une partie de la rue est bloquée et on entend résonner des sirènes. La police, les douanes judiciaires, des vétérinaires et des membres de la SPA (Société Protectrices des Animaux) s’agitent sur ce célèbre trottoir abritant les principales animaleries de la capitale. C’est sous une pluie battante que quelque 250 animaux de compagnie, chiens, chats et autres NAC (Nouveaux Animaux Compagnie) sont en train d’être transférés dans des cages de transport. Ils quittent les minuscules boxes des animaleries où ils étaient entassés pour les camions de la Société Protectrice des Animaux. Leur sort est désormais entre les mains de cette dernière. « Cela fait dix ans que cette enquête est en cours, indiquait la SPA ce mardi, jointe par téléphone par metronews. Cela fait des années que ces magasins, au nombre de sept précisément, sont pointés du doigt. Les animaux n’y vivent pas décemment. D’ailleurs, nous allons tous les récupérer et nous en occuper comme il se doit. »

Les stores des animaleries étaient mi-clos pour les besoins de l'enquête - © Elisa Gorins/La Gazette animale

Les stores des animaleries étaient mi-clos pour les besoins de l’enquête – © Elisa Gorins/La Gazette animale

La fin d’un calvaire ?

Alors que de nombreux défenseurs des animaux se battent depuis des années pour dénoncer ces animaleries et les amener à fermer, il semblerait qu’ils aient enfin obtenu gain de cause. « Cette enquête mettant en cause les conditions de vente, de détention et de commercialisation des animaux va enfin aboutir », se réjouit Audrey, une fidèle protectrice des animaux. « Pour des milliers d’animaux, c’est la fin d’un calvaire ! »

Mais d’autres ne sont pas du même avis : « depuis le temps qu’on critique les animaleries, il était plus que temps que les autorités fassent quelque chose ! Des milliers d’animaux souffrent depuis des années à cause de leur laxisme, ils n’ont rien fait contre le trafic, la maltraitance et les usines à chiots, alors ce qu’ils font aujourd’hui, ça aurait dû avoir lieu depuis longtemps », accuse Alice, une passionnée des animaux. Il est en effet connu depuis longtemps que les animaux vendus dans les animaleries du quai de la Mégisserie proviennent d’Europe de l’Est, et sont donc, bien souvent, issus d’un trafic… Les enquêteurs soupçonnent de surcroît du travail au noir.

Pris en charge par la SPA, les 250 animaux récupérés vont être conduits dans des refuges le temps de la procédure judiciaire. Ils ne seront adoptables qu’à l’issue d’une décision de justice. La Cellule Anti-Trafic de la SPA existe depuis 21 ans. Elle est composée de 6 personnes qui enquêtent dans l’ombre et la discrétion afin de mettre à jour les circuits mafieux et les trafics en tout genre d’animaux venus pour l’essentiel aujourd’hui des pays de l’Est.

Plusieurs des animaleries concernées par la perquisition devraient quant à elles fermer leurs portes. Leurs propriétaires ainsi que deux vétérinaires seraient d’ores et déjà en garde-à-vue.

La SPA a pris en charge 150 animaux - © Elisa Gorins/La Gazette animale

La SPA a pris en charge 150 animaux – © Elisa Gorins/La Gazette animale

Elisa Gorins

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