Reportage : visite à bord du Brigitte Bardot, fleuron de la flotte de Sea Shepherd


Amarré jusqu’au 11 février au quai des Invalides, le Brigitte Bardot invite les parisiens à venir découvrir ses secrets. Ce trimaran ultra-moderne est le vaisseau le plus rapide de Sea Shepherd l’ONG de défense des océans. Depuis sa dernière mission, il a démarré une vaste tournée européenne de sensibilisation du public. Plongeon dans le quotidien des justiciers des mers.

Depuis le pont de l’Alma, on dirait presque qu’une navette spatiale s’est posée sur la Seine. En effet, la ligne du Brigitte Bardot détonne quelque peu à côté des bateaux mouches tant il semble avoir été conçu pour la vitesse. Il a d’ailleurs tenu le record du tour du globe en 1998 avec 74 jours seulement. 35m de long sur 14 de large, un petit gabarit qui permet de fendre les flots, mais aussi de passer sous les ponts de la Seine. Pratique pour atteindre le cœur des villes de sa tournée, où son action aura le plus d’impact.

Le Brigitte Bardot fait figure de véritable O.F.N.I. (Objet Flottant Non Identifié) au milieu de la Seine. © Léo d'Imbleval

Le Brigitte Bardot fait figure de véritable O.F.N.I. (Objet Flottant Non Identifié) au milieu de la Seine. © Léo d’Imbleval

UNE CLAQUE VISUELLE

Plus on s’en approche, plus le vaisseau amiral de Sea Shepherd impressionne par sa technologie. L’attente avant de monter à bord est juste assez longue pour vous permettre d’admirer la peinture présente sur la proue, rendant hommage à l’actrice qui a donné son nom au navire. En effet, ce n’est autre que la Fondation Brigitte Bardot qui a réalisé le don ayant permis l’acquisition du trimaran.

La figure de proue rend hommage à l'actrice légendaire qui a donné son nom au navire. © Léo d'Imbleval

La figure de proue rend hommage à l’actrice légendaire qui a donné son nom au navire. © Léo d’Imbleval

L’embarquement arrive enfin. La Seine est agitée en ce mois de Janvier et la petite passerelle reliant la coque droite aux quais menace dangereusement de nous envoyer par dessus bord. Mais heureusement l’équipage est là pour nous aider à assurer notre pas. 10 mètres et une échelle plus loin, nous arrivons sur la muster station, ou pont supérieur, où deux membres de l’équipage nous accueillent.

UN NAVIRE DE GUERRE

Sur le Brigitte Bardot, la muster station c’est le point de rassemblement de tout l’équipage dès qu’un évènement se produit. On y stocke les cordages qui seront utilisés pour tenter de bloquer les hélices des baleiniers mais aussi du beurre rance. Johanna, membre de l’équipage, nous explique son utilité : « Le nom scientifique, c’est acide biturique. On en projette sur les bateaux qui découpent la chair des baleines. L’odeur et le goût sont tellement forts qu’ils rendent la viande impossible à consommer. On peut ainsi faire perdre de l’argent aux harponneurs et essayer de les dissuader de continuer leur chasse macabre. »

Une fois passée la passerelle supérieure, nous pénétrons dans l’antre du navire. Deux cabines de commandes, reparties sur deux niveaux, exposent leurs cadrans, radios et autres instruments de navigation de pointe. S’en suit le bureau, où le capitaine du navire Carlos Bueno s’entretient avec la responsable de la branche française de l’association. Il nous explique que « la mission du Brigitte Bardot est de faire respecter les lois aux endroits où il n’y a personne d’autre pour le faire. En Antarctique, les garde-côtes ça n’existe pas. » Un but qui peut parfois s’avérer dangereux, comme lors de la collision entre le navire ravitailleur de Sea Sheperd, le Bob Barker, et un baleinier-usine japonais. Mais les 6 membres d’équipage que compte le bateau sont tous prêts à accepter les conséquences de leurs actes.

Le vaisseau est, avant tout, un lieu de travail qui dispose d'équipements de pointe. © Léo d'Imbleval

Le vaisseau est, avant tout, un lieu de travail qui dispose d’équipements de pointe. © Léo d’Imbleval

Nous découvrons ensuite l’endroit où l’équipage se repose, qui fait également office de cambuse, avant de nous faufiler jusqu’à la salle des machines. Ici, pas de photos autorisées, des personnes mal intentionnées pourraient s’en servir à des fins funestes. Au cœur du vaisseau, les tuyaux serpentent au-dessus de nos têtes et l’odeur de gasoil vous agresse les narines. Peu de raisons de s’attarder donc. Nous poursuivons en passant devant les cabines des officiers avant de déboucher sur le pont inférieur, situé à la poupe. Ici est stationné un jet-ski dernier cri, don du prince Albert de Monaco, qui permet de s’approcher au plus près des baleiniers, pour en filmer les activités afin de les dénoncer.

La dernière étape de la visite prend place dans la pièce à vivre. Nos deux guides nous y font découvrir les images récoltées lors des dernières missions menées par le navire. Au total, ce sont plus de 4 missions en Antarctique qui s’affichent au compteur du BB sans compter ses autres interventions autour du globe. Des aventures sensationnelles qui méritent d’être mieux connues du grand public.

En mission, le Brigitte Bardot ne compte, à son bord, que 6 membres d'équipage. © Léo d'Imbleval

En mission, le Brigitte Bardot ne compte, à son bord, que 6 membres d’équipage. © Léo d’Imbleval

Si vous aussi, vous souhaitez découvrir le quotidien du Brigitte Bardot et de son équipage, sachez qu’il vous accueillera les mercredis, samedis et dimanches de 10h à 13h et de 14h à 17h et ce, jusqu’à son départ. Vous en apprendrez ainsi beaucoup sur ces éco-guerriers qui risquent, chaque année, leur vie pour protéger les océans.

Léo d’Imbleval

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