Non, un iceberg n’a (peut-être) pas tué 150 000 manchots


La semaine dernière, les médias annonçaient la mort de 150 000 manchots Adélie en Antarctique. Une annonce du Monde explique que ces oiseaux auraient simplement migré pour de meilleures conditions de vie.

Les manchots auraient migrés pour de meilleures conditions de vie.  Crédit : DR

Les manchots auraient migrés pour de meilleures conditions de vie.
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D’après une étude publiée par la revue Antarctique Science, plusieurs médias dont The Guardian ont affirmé qu’une colonie de manchots Adélie de l’est de l’Antarctique ont dû faire face à l’échouement d’un iceberg de 100 km², c’est-à-dire l’équivalent de la superficie de Paris. En fait, cet iceberg auraient obligés les oiseaux à effectuer un détour d’environ 60 km pour aller chercher de la nourriture, ce qui contraint le processus de reproduction. En effet, les couples de manchots se partagent la surveillance de leurs œufs : lorsque l’un va chercher de la nourriture, l’autre couve sa progéniture. Mais quand celui qui est parti met trop de temps, le surveillant préfère assurer sa survie plutôt que de continuer à protéger les œufs. Leur population serait donc passée de 160 000 membres en février 2011 à 10 000 en décembre 2013.

Cependant, la biologiste et auteure de l’étude Kerry-Jayne Wilson a annoncé au Monde : « Je ne sais pas qui a commencé à diffuser cette information, mais nous n’avons jamais dit que 150 000 manchots étaient morts. Les oiseaux ont probablement migré ailleurs, attendant des conditions plus favorables ». Mais ce n’est pas pour ça que la vie de ces manchots n’a pas été bouleversée !

 

Les manchots se relayent pour prendre soin des petits.  Crédit : DR

Les manchots se relayent pour prendre soin des petits.
Crédit : DR

Des poussins et des embryons auraient bel et bien péris : au sein de l’étude, il est question de « centaines d’œufs abandonnés » et d’un sol « jonché de carcasses gelées de poussins de la saison précédente », mais en aucun cas de cadavres de 150 000 individus. Les manchots adultes sont en effet capables de parcourir les 60 km pour se ravitailler, ce n’est donc pas eux qui pâtissent de ces évènements mais leurs couvées.

Face à une telle situation, les manchots auraient donc préféré migrer ailleurs afin de retrouver un accès proche à l’eau libre et des conditions normales de vie. D’ailleurs, d’après Le Monde,  ils seraient sans doute allés sur les îles Hodgeman, îles proches, puisque le nombre de manchots dans cette colonie aurait augmenté.

 

Aurélie Delvar

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