Méfiez-vous du chat… qui ne dort pas ! 1


Si le rire est le propre de l’Homme selon Rabelais –bien qu’on ait vu des singes se bidonner et que, moi-même, je me marre intérieurement quand un humain se vautre– dormir est sans conteste celui du chat. Et pour cause, nous passons presque deux tiers de notre existence à roupiller. 16 heures en moyenne selon les experts. Définitivement, Gaston Lagaffe peut remballer ses oreillers : le chat est le plus grand des rois fainéants.

Mais pourquoi dormir autant ? « Quelle perte de temps » pensez-vous sûrement ! Et, comme tous les excès, celui de sommeil doit être mauvais pour la santé. Mais, voyez-vous, nous n’y pouvons rien, nous les félins. Cette surabondance de léthargie est un héritage de nos ancêtres sauvages, ces « chat-sseurs » qui, ne pouvant se nourrir régulièrement, économisaient leur énergie en se reposant (très) souvent. D’ailleurs, comme l’a justement dit Schopenhauer, « le sommeil est un emprunt fait à la mort pour l’entretien de la vie ».

Un état d’inertie qui n’en est cependant pas tout à fait un puisque, durant nos longues siestes, nous rêvons. Des songes survenant au cours d’une phase paradoxale de trois heures –contre seulement une heure et demie pour vous, les humains– et qui ne sont pas toujours de tout repos. Illusion d’une course poursuite derrière un mulot, saut en hauteur imaginaire, jeu ou fuite chimériques traduits par l’agitation visible des vibrisses ou des sursauts de pattes et de queue…  Il suffit d’observer l’un de nous assoupi pour s’apercevoir qu’un véritable film d’action digne des plus grands studios hollywoodiens se déroule dans notre subconscient en supposée veille. De plus, les postures que nous adoptons lorsque nous pionçons sont comparables aux plus complexes asanas de yoga. La preuve en vidéo :

Une gymnastique du corps et de l’esprit qui prouve que, finalement, un chat en apparence apathique vaut bien un homme des plus dynamiques.

Et si, comme beaucoup d’humains, ma maîtresse ne cesse de se plaindre de me voir constamment dormir dans tous les recoins de la maison, je sais combien elle en est, au fond, soulagée. Il faut dire qu’une fois éveillé je suis au mieux de mes formes. Comme nombre de mes congénères, j’occupe mes heures alertes à réclamer ma pitance. Et à empêcher ceux qui sont au lit de le rester par des moyens plus ou moins sournois. Parfois j’ai même ce que l’on nomme joliment « des quarts d’heures de folie ». Comprendre que je cours d’un bout à l’autre de la pièce derrière une mystérieuse poussière. Avant de, deviner quoi… aller me recoucher dans mon panier.

Signé : Cobain

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Le chat ouvrit les yeux Le soleil y entra Le chat ferma les yeux Le soleil y resta Voila pourquoi le soir Quand le chat se réveille J’aperçois dans le noir Deux morceaux de soleil MAURICE CARÊME


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