L’homme qui menaçait de se suicider plutôt que de se séparer de son lion


A Poussan, petite commune de l’Hérault, on ne voit pas de lions tous les jours. Pourtant, samedi, les gendarmes ont eu pour mission d’en récupérer un. L’affaire ne s’est pas avérée si simple, non pas à cause du fauve, mais de son détenteur, Anthony Crapet, qui menaçait de suicider.

Ciam, c’est le nom du lion de 14 mois qu’Anthony Crapet a donné à son lion. Voilà sept mois qu’il l’élève chez lui, dans sa commune de l’Hérault. Un « cadeau » insolite que lui avaient offert des amis d’un cirque. Sauf qu’à Poussan, tout le monde n’a pas envie d’avoir un fauve de 300 kilos (à l’âge adulte) pour voisin. Alors Anthony Crapet, qui ne possède aucun certificat d’aptitudes, a été dénoncé.

Mais ce maçon de profession s’est attaché à son gros chat à tel point qu’il lui a construit un enclos de 60 mètres où il prévoyait de le transférer à l’âge adulte. Désespéré, Anthony Crapet a menacé de suicider plutôt que de se séparer de son lion.

Il abdique

Anthony Crapet élève Ciam, son lion, depuis 7 mois. - © F3 LR

Anthony Crapet élève Ciam, son lion, depuis 7 mois. – © F3 LR

 

La Fondation 30 Millions d’Amis est intervenue en urgence à la demande de la Préfecture de l’Hérault pour sauver Ciam. La Fondation a pu constater que le lionceau vivait dans un petit enclos de fortune de 15 mètres carrés, caché à l’arrière du jardin de la maison d’Anthony Crapet et de sa femme. Elle a déposé plainte à la gendarmerie de Mèze pour « défaut de certificat de capacité », « défaut d’ouverture » et « mauvais traitements » en raison des conditions de vie imposées au lionceau.

Face aux menaces d’Anthony Crapet, le Parquet a demandé un avis consultatif à la préfecture de l’Hérault qui s’est réunie en urgence hier. La saisie administrative de l’animal a ensuite été prononcée par la préfecture.

 

Ciam a été pris en charge par la Fondation 30 Millions d'Amis. © Fondation 30 Millions d'Amis

Ciam a été pris en charge par la Fondation 30 Millions d’Amis. © Fondation 30 Millions d’Amis

Finalement, après s’être barricadé chez lui tout le week-end, Anthony Crapet s’est rendu de lui-même à la gendarmerie où il était convoqué ce mardi matin. Il risque 6 mois d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende pour la détention illégale de ce lionceau. L’animal, lui, a été pris en charge par la Fondation 30 Millions d’Amis qui organise et finance entièrement son transfert, dans un véhicule adapté et sous étroite surveillance vers le sanctuaire belge le Natuurhulpcentrum.

Elisa Gorins

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *