Les tests sur les animaux bientôt finis ? 1


Les animaux servent à la grande majorité des marques de cosmétiques qui les utilisent pour tester leurs produits. Mais face à l’indignation de nombreux consommateurs, les méthodes tendent à évoluer.

Test sur des lapins.  Crédit : One Voice

Test sur des lapins.
Crédit : One Voice

Lapins, souris, cochons d’inde… Ils sont des milliers chaque année (27 000 selon Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux) à subir les odieux tests que leur infligent de nombreuses marques à travers le monde : L’Oréal, Guerlain, L’Occitane pour n’en citer que quelques-unes. Selon une étude menée par la PETA en 2016, elles seraient au nombre de 250 à toujours utiliser ces pratiques barbares.

Des progrès dans de nombreux pays

Mais après de multiples actions de la part des associations de défense des animaux et l’indignation grandissante des consommateurs qui ne veulent plus mettre n’importe quoi sur leurs visages, les choses évoluent petit à petit. En 2013 déjà, l’Union Européenne interdisait les tests sur les animaux au sein des pays qui la constituent, ainsi que la vente ou l’importation de produits provenant d’autres pays et testés sur les animaux. Une avancée considérable pour la région du monde où les cosmétiques et autres soins représentent le plus grand marché au monde. Et cela a incité d’autres pays à faire de même, comme l’Inde, l’Israël, la Nouvelle-Zélande ou encore la Turquie.

Pour Nick Palmer, directeur des campagnes pour Cruelty Free International, c’est une très bonne chose : « Plus il y a de pays qui mettent fin aux tests sur les animaux, plus la pression s’accroît sur ceux qui sont à la traîne dans ce domaine, d’autant que les entreprises qui effectuent encore ces tests devront se confronter aux interdictions de commercialisation dans l’Union Européenne. »

Des mesures hypocrites ?

La fin des tests sur les animaux ?  Crédit : Vegactu

La fin des tests sur les animaux ?
Crédit : Vegactu

Cependant, il y a un hic. Sur un communiqué de la Commission Européenne au Parlement Européen et au Conseil, celui même qui annonce la fameuse interdiction, il est écrit : « En général, les ingrédients utilisés dans les produits cosmétiques sont également soumis aux dispositions horizontales du règlement REACH et il se peut qu’il soit nécessaire d’avoir recours à l’expérimentation animale pour compléter les dossiers s’il n’existe aucune autre solution. Il revient donc aux États membres d’apprécier et de décider si l’expérimentation animale effectuée au titre d’autres législations doit être considérée comme relevant de l’interdiction de mise sur le marché de 2013. » En gros, l’Union Européenne laisse les états membres juger si des tests sur animaux sont exigés et sont du ressort de « REACH » (qui signifie : « Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques »). Donc si une entreprise veut continuer ses tests sur animaux, il lui suffit de mentionner que cela se fait dans le cadre de ce programme…

Logo "Leaping Bunny" Crédit : Leaping Bunny Program

Logo « Leaping Bunny »
Crédit : Leaping Bunny Program

Pour reconnaître les produits non-testés sur les animaux, c’est simple : si le produit en question contient un petit logo avec un lapin, c’est que la marque n’utilise pas d’animaux pour tester ses produits. C’est l’association Cruelty Free International qui a lancé ce programme de certification qui se nomme « Leaping Bunny » (« lapin qui gambade »), bien qu’il en existe plusieurs.

De nouvelles méthodes

Mais l’argument des tests sur animaux n’est pas seulement éthique pour les marques, mais aussi et surtout vendeur. Une étude menée par Nielsen sur 1000 personnes montre que 57% des acheteurs, le fait qu’un produit ne soit pas testé

sur les animaux est la chose la plus importante pour eux au moment de la décision d’achat.  43% d’entre eux sont même prêts à payer plus cher s’ils sont certains qu’aucun animal n’a souffert pour produire le cosmétique. De plus que les tests sur animaux peuvent se révéler être inutiles puisque chaque espèce réagit différemment au contact de substances variées.

Aussi, aujourd’hui, de nombreuses méthodes existent pour remplacer les tests sur animaux. Elles seraient plus de 200 méthodes à avoir été validées par l’OCDE (l’Organisation pour la coopération et le développement économique) selon Chris Flower, directeur général de la CTPA (l’association britannique des parfums, cosmétiques et produits de toilette). Le microdosage, méthode ou un être humain ingère une toute petite quantité de la substance à tester pour connaître la réaction au niveau cellulaire ; les tests in-vitro, qui sont effectués en milieu artificiel ou même la création de peau artificielle sont des méthodes alternatives efficaces.

De nombreux écueils

Ce qui complique l’histoire, c’est que les industriels ne sont pas toujours ouverts à ces nouvelles méthodes. En fait, pour pouvoir apposer le « leaping bunny », il faut que tous les ingrédients n’aient subis aucun test sur animaux, c’est-à-dire que

"Ce n'est pas à ça que ressemblent les tests sur animaux" Crédit : PETA

« Ce n’est pas à ça que ressemblent les tests sur animaux »
Crédit : PETA

l’industriel doit obtenir des déclarations signées de tous ses fournisseurs garantissant cela. Si certaines marques y sont attachées et en font leur marque de fabrique, comme The Body Shop, ce n’est malheureusement pas le cas de tous.

Une autre entrave à ce processus, c’est que tous les pays n’ont pas adopté cette philosophie. La Chine, par exemple, qui est l’un des marchés les plus conséquents au monde, exige des tests sur certains de ces cosmétiques produits sur son territoire, mais également sur ceux qui sont importés… Ce qui complique l’affaire pour des marques internationales. Comme le souligne Mimi Bekhechi, directrice de la Peta en Grande-Bretagne : « Des marques de cosmétiques comme Estée Lauder et Clarins affichent la politique de leur entreprise sur leur site Internet, affirmant qu’elles ne réalisent de tests sur les animaux nulle part dans le monde — sauf lorsque cela est exigé dans la loi. Pourtant, ces entreprises vendent leurs produits en Chine où les animaux peuvent être tués pour une ombre à paupière ou un rouge à lèvres. » Certaines marques n’ont donc pas le droit au logo « leaping bunny » pour cette raison – comme Yves Rocher par exemple – bien qu’elles ne testent pas en France. Pour être sûr d’avoir un produit totalement exempt de tests sur animaux, il faut que la marque s’interdise ces tests mais également qu’elle ne commercialise pas en Chine ou dans d’autres pays exigeants ces tests.

Cependant, tout n’est pas perdu ! Il y a peu, la Chine a montré sa volonté de trouver de nouveaux moyens pour ne plus tester sur les animaux, en collaboration avec des scientifiques britanniques.

Un avenir plutôt prometteur

Nick Palmer, pour conclure, affirme : « Les pays sont actuellement dans une phase intermédiaire et laissent quelques années aux entreprises pour changer leurs méthodes de tests. Mais la tendance est visible et il est clair qu’à l’avenir, il sera très difficile pour une entreprise de cosmétiques d’avoir encore recours aux tests sur les animaux. Personne ne veut être identifié comme la dernière grande marque de cosmétiques qui pense encore que la souffrance animale est légitime. Finalement, on espère que cela deviendra une méthode désuète qu’aucune entreprise sérieuse ne jugera appropriée. »

En attendant, si vous êtes toujours un peu perdu dans cette jungle des cosmétiques, voici une liste qui recense toutes les marques « Cruelty Free ».


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Commentaire sur “Les tests sur les animaux bientôt finis ?

  • aec

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