Les deux faces de la Corée du Sud


La Corée du Sud a récemment annoncé la fin des tests cosmétiques sur les animaux sur son territoire. Une décision très louable mais qui ne semble en rien révélatrice de la position du gouvernement en matière de droit animal, tant le statut des animaux coréens laisse à désirer.

La Corée du Sud semble vouloir réellement s'améliorer en matière de droit animal. ©futureatlas.com

La Corée du Sud semble vouloir réellement s’améliorer en matière de droit animal. ©futureatlas.com

 

Comme nous le disions précédemment, 2014 aura été une année réellement marquante pour la cause animale. Cependant, les avancées en droit animal que nous vous avions présentées concernaient principalement les pays occidentaux, ou tout du moins, des pays possédant une culture de l’animal similaire à la nôtre. Qu’en est-il des régions du monde où l’animal est traité d’une façon radicalement différente que sous nos latitudes ? A l’aube de l’an 2015, petit zoom sur la situation en Asie de l’Est, et en Corée du Sud plus exactement.

UN ENFER POUR CHIENS

En Corée du Sud, il ne fait pas bon être le meilleur ami de l’homme. En effet, dans ces contrées, beaucoup de personnes raffolent de la viande canine et en consomment régulièrement. Selon Kelly O’Meara, une responsable de l’Humane Society International (HSI), ils seraient ainsi entre 1,2 et 2 millions à être consommés chaque année. Ces pauvres bêtes seraient « élevés dans des centaines de fermes du pays pour répondre à la demande », avant d’être revendues dans des marchés spécialisés comme le marché Moran à Seongnam. Les conditions de vie des chiens sont, comme l’on peut s’y attendre, désastreuses du début à la fin de la chaîne de production. Entassés dans des cages, ils ne vivent que pour être vendus pour leur viande. On vous épargnera les détails des méthodes d’abattage qui passent par l’électrocution ou pire encore : la noyade.

Un nouveau business florissant est, de plus, en train de croître en Corée de Sud. Tenez-vous bien, on parle ici de clonage canin. Invraisemblable il y a quelques années, une entreprise propose pourtant aujourd’hui, en échange de 100 000 $, de réaliser une copie conforme de n’importe quel toutou. Si leurs clients se limitaient, jusqu’à présent, à de riches particuliers soucieux de revoir leur défunt compagnon, le clonage de chiens semble désormais conquérir de nouveaux marchés. En effet, après un test effectué en 2010 avec 5 animaux, la police nationale sud-coréenne a récemment passé commande pour 40 chiens policiers clonés. Les spécimens, élaborés à partir d’un berger allemand nommé Quinn, ont satisfait les autorités sur de nombreux points de vue. Comme l’explique Kwoun Young Chui, directeur commercial du laboratoire qui produira les clones : « Cela demande des efforts et un temps incroyable pour identifier des chiens capables de suivre ce type d’entraînement. La capacité de devenir un chien policier est déterminée par la génétique ; le clonage permet donc d’aller beaucoup plus vite, et de ne se consacrer qu’à l’entraînement ». Une solution qui relance néanmoins de grandes polémiques, notamment en terme d’éthique.

 

Tous les spécimens ne disposent pas des compétences nécessaires pour devenir chien-policier. © Quentin Bruno

Tous les spécimens ne disposent pas des compétences nécessaires pour devenir chien-policier. © Quentin Bruno

 

MAIS DES PROGRES NOTABLES

Le vent serait-il en train de tourner sur la Corée de Sud ? On est en droit de le penser au vu des derniers événements, relatifs à la cause animale, survenus dans le pays. La Corée a, effectivement, fait un pas de géant en annonçant qu’elle voterait bientôt une loi interdisant les tests de cosmétiques sur les animaux. La nouvelle, relayée le 6 janvier dans le Huffington Post, fait partie d’un plan en 5 ans mis en place par le gouvernement sud-coréen et ayant pour but d’améliorer le bien-être animal dans le pays. Espérons qu’il aboutira sur de vraies avancées notamment pour le statut des chiens qui continuent d’être maltraités par millions. Même si l’on a appris récemment qu’une dizaine d’entres eux ont pu être sauvés de leur ferme et ont été offerts à l’adoption aux Etats-Unis.

 

Léo d’Imbleval

 

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