Les défenseurs de la cause animale s’unissent pour les éléphants, tigres et rhinocéros


La marche pour les éléphants, tigres et rhinocéros, place de la République à Paris, samedi 4 octobre 2014 - ©La Gazette animale

La marche pour les éléphants, tigres et rhinocéros, place de la République à Paris, samedi 4 octobre 2014 – ©La Gazette animale

REPORTAGE. Samedi 4 octobre, une marche mondiale pour les éléphants et les rhinocéros s’est déroulée dans 122 villes à travers le monde. A Paris, la manifestation a rassemblé près de 1 000 défenseurs de la cause animale. La Gazette animale a assisté à l’évènement.

« Dans la jungle, terrible jungle, le lion est mort ce soir ». Cette célèbre chanson résonne dans les rues de Paris. Une chanson providentielle dont les paroles prennent tout leur sens en ce jour de manifestation pour la cause animale. Mais ce samedi 4 octobre, à Paris, il n’est pas question de lions, comme dans la chanson, mais d’éléphants, de tigres et de rhinocéros. Ce sont pour ces trois espèces menacées d’extinction que près de 1 000 personnes se sont réunies place de la Batille. Dans 121 autres villes réparties dans le monde entier, des milliers de gens sensibles à cette cause sont également en train d’unir leurs voix au même moment.

A Paris, c’est la première fois que l’évènement a lieu. Pour l’occasion, la place de l’Opéra Bastille s’est transformée en un lieu unique de défense des animaux. Plusieurs associations ont envahi les lieux, preuve que l’union fait la force. L’ONG Sea Shepherd qui se battent pour la conservation des espèces marines, notamment, tient un stand dans la « Vegan Place », véritable petit village prônant l’alimentation végétarienne. Des stands d’informations, de projections vidéo et de dégustation « vegan » y sont installés. De même qu’un stand anti-corrida. On assiste ainsi à la réunion des différents acteurs de la lutte pour la cause animale. Et si la marche organisée ce jour est destinée aux éléphants, tigres et rhinocéros, cela n’empêche pas les autres associations d’y prendre part. La SPA, la Fondation Brigitte Bardot, la L214 et tant d’autres organismes de protection animale ont donc répondu à l’appel lancé par Géraldine Jacquinot, Margaux Levasseur, et Frédéric Geffroy, président-fondateur de l’association Planète Tigre.

L’atmosphère, conviviale, donne l’impression d’assister à une grande réunion de famille : celle dont les différents membres défendent tous les animaux, qu’ils soient représentants d’une association ou simples sympathisants. Certains discutent, s’échangent des numéros de téléphone, ou s’assoient pour déguster une spécialité vegan sous un soleil estival. Quelques chiens présents font eux aussi connaissance en attendant le signal de départ de la marche, tandis que leurs maîtres regardent, non sans un certain malaise, les hommes enfermés dans deux cages au milieu de la foule. Le message de cette mise en scène est explicite : « entrez quelques minutes dans une cage : les animaux y passent toute leur vie ».

"Entrez quelques minutes dans une cage : les animaux y passent toute leur vie" - ©La Gazette animale

« Entrez quelques minutes dans une cage : les animaux y passent toute leur vie » – ©La Gazette animale

Disparition programmée

15h30. Encadré par la police, un cortège se forme et quitte la place de la Bastille au rythme de musiques tribales, dont certaines sont issues du célèbre Roi Lion. En chemin vers la place de la République, les manifestants scandent leur slogan : « rhinos, tigres, éléphants, sauvons-les pour nos enfants ». Et pour cause : on parle de « disparition programmée » de ces trois espèces. Les éléphants sont en effet amenés à disparaître d’ici à 2020. Quant aux tigres, ils n’existeraient plus dans cinq ans du fait du braconnage. En 2013, le trafic illégal d’ivoire, d’os de tigres et de cornes de rhinocéros a été estimé à 14 milliards de dollars…

Toutefois, les organisateurs de la marche appellent à garder espoir : « la mobilisation générale pousse les politiques à mettre en place des mesures », affirme Céline Sissler, directrice d’IFAW France (le Fonds international pour la protection des animaux). Et de rappeler : « dans les années 80, les éléphants ont subi une pression de braconnage très importante, leurs populations ayant été divisées de moitié. Mais elles ont réussi à se restaurer parce qu’en 1989, il y a eu une mesure d’interdiction du commerce international de l’ivoire. Cette décision a été prise grâce à la mobilisation générale du grand public et des associations ». Cet exemple illustre bien l’impact que peuvent avoir les manifestations d’ampleur internationale sur les décisions gouvernementales.

UNE MARCHE, DES CAUSES

En traversant la rue Amelot, les militants passent devant le cirque d’Hiver. Et soudain, les slogans et l’humeur bon-enfant laissent place à la colère. La foule siffle et hue le cirque dont les affiches mettent en avant le numéro d’éléphants des frères Bouglione. Un vent de protestation qui soufflera encore quelques mètres plus loin, lorsque le cortège passera devant une boutique de prêt-à-porter aux vitrines chargées de blousons en cuir. Une fois de plus, ce rassemblement prouve qu’il est parvenu à unir tous les défenseurs de la cause animale au sein d’une seule et même marche : « ce n’est pas parce qu’on manifeste aujourd’hui pour les éléphants, tigres et rhinocéros qu’on doit oublier les nombreux autres aspects de la cause animale. On profite aussi de cette marche pour parler de cette cause de manière globale : le braconnage, mais aussi la corrida, le végétarisme, la fourrure, les cirques, l’expérimentation animale, la pollution, etc. sont des sujets qu’on aborde aussi en tant que défenseurs de la cause animale », explique un jeune homme s’étant joint à la marche.

Il est près de 17h30 lorsque le cortège atteint sa destination finale : la place du Palais-royal. Les organisateurs invitent alors les participants à venir déposer à terre les cornes en carton préalablement fabriquées afin que des enfants puissent les piétiner. Un geste symbolique qui précède un bref discours des organisateurs ainsi qu’un flash-mob. Lorsque la manifestation s’achève sous les applaudissements, une triste pensée subsiste : il est 17h30, et tandis que des milliers de personnes manifestaient pour eux à travers le monde, plus de 68 éléphants ont été braconnés dans la journée.

Si les gouvernements ne réagissent pas, la nouvelle génération ne verra les éléphants, tigres et rhinocéros que dans les livres ou au zoo - ©La Gazette animale

Si les gouvernements ne réagissent pas, la nouvelle génération ne verra les éléphants, tigres et rhinocéros que dans les livres ou au zoo – ©La Gazette animale

Elisa Gorins

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