Les abattoirs bio, une bonne alternative ?


L’association de protection animale L214 a diffusé il y a peu une vidéo choquante montrant les traitements infligés aux animaux d’un abattoir du Gard certifié « bio » par le label européen Ecocert.

 

On pourrait croire que le scandale de l’abattoir d’Alès apparu il y a quelques mois, dont la fermeture a été ordonnée, aurait servi d’exemple. Mais non. Et cette fois, il s’agit d’un abattoir situé à une cinquantaine de kilomètres du premier et dit « bio » : qui était donc censé assurer le bien-être de ses animaux avant leur mort. D’autant plus choquant pour les consommateurs qui pensaient manger une viande provenant d’un animal respecté. Au programme : cruauté gratuite, animaux mal étourdis, employé riant de la souffrance de moutons… Et un peu de non-respect des normes aussi ! Comme le souligne Nili Hadida, chanteuse de Lilly Wood and The Prick : « Vous vous êtes probablement dit qu’Alès était une exception. C’est faux. »

Le retour d’Alès ?

Localisation de Le Vigan, dans le Gard. Crédit : IDE

Localisation de Le Vigan, dans le Gard.
Crédit : IDE

L’établissement dont il est question est une petite infrastructure de proximité composée de seulement 3 salariés et qui ne produit que 6% environ de ce que produisait l’abattoir d’Alès. Les images auraient été obtenues par un employé de l’abattoir ayant contacté l’association L214. La méthode a été la même qu’à Alès : placer des caméras fixes sur une période assez longue (mai 2015 – février 2016) pour faire une compilation des sévices que subissent les animaux terrorisés. L’association a porté plainte contre l’abattoir auprès du parquet d’Alès pour infractions à la règlementation européenne et « sévices graves ». La Société Protectice des Animaux (SPA) a déclaré qu’elle se constituait partie civile aux côtés de 214 et demande l’installation de caméras de surveillance au sein des abattoirs. Une pétition a également été lancée il y a plusieurs mois afin de voir se créer une commission d’enquête sur les abattoirs.

Quant à Laurent Kauffman, responsable de l’abattoir, il se dit « particulièrement choqué » par ces images. Il a également déclaré : « Je n’ai jamais vu ça, je ne suis pas tout le temps sur le site, loin de là. Mais je n’ai jamais vu ça et je suis déçu ».

Brigitte Bardot a écrit mardi dernier une lettre ouverte à Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, déclarant notamment « C’est vous qui devriez être déchu de votre nationalité ».  Celui qui est  qualifié de « ministre des abattoirs abjects » a affirmé que ces atrocités seraient sanctionnées comme il se doit.

Un abattoir bio ?

Qu’est-ce qui différencie au juste un abattoir bio d’un abattoir traditionnel ? Bien que la mort ne soit jamais une partie de plaisir, elle est soumise à la règlementation européenne du 24 septembre 2009, afin d’éviter toute souffrance inutile. Le Code Rural stipule, lui, que « toutes les précautions doivent être prises en vue d’épargner aux animaux toute excitation, douleur ou souffrance évitables pendant les opérations de déchargement, d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage ou de mise à mort ».

Dans les abattoirs conventionnels, c’est-à-dire ceux qui sont non-rituels, il est prévu un étourdissement de l’animal avant

Certains imaginent un abattoir inversé. Crédit : DR

Certains imaginent un abattoir inversé.
Crédit : DR

la mise à mort : par pinces électriques pour les moutons et les cochons, et avec un pistolet à tige perforante pour les bovins. Si le premier étourdissement ne s’est pas révélé efficace, il y en a normalement un deuxième qui est pratiqué (ce qui n’est pas le cas dans la vidéo).

La viande biologique est celle issue d’animaux nourris avec des aliments sans OGM ni pesticides ou intrants. Leurs espaces de vie sont plus grands et aménagés pour construire un bien-être. En abattoir, les consignes sont les mêmes que dans les abattoirs traditionnels, pas de souffrance inutile, mais concernant les méthodes d’abattage, pas de différence ! C’est par rapport au transport de la ferme à l’abattoir qu’il y a un changement : la durée de voyage doit être minimale, il faut donc amener les animaux dans l’abattoir le plus proche. En gros, la viande biologique respecte peut-être l’environnement mais en aucun cas les animaux lorsqu’il s’agit de les abattre !

 

L’abattoir du Vigan a été fermé à titre conservatoire et les employés suspendus jusqu’à nouvel ordre. Mais sachant que l’abattoir d’Alès a réouvert ses portes 2 mois après sa fermeture administrative, alors que l’enquête est encore en cours, il y aura sûrement de nouveaux tristes scandales comme ceux-ci à suivre…

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