Le trafic des animaux de compagnie au cœur des préoccupations européennes


Jeudi dernier, le Parlement européen s’est prononcé dans le but de lutter contre les pratiques de trafic d’animaux de compagnie et/ou exotiques.

Les élevages ne sont pas toujours ce que l'on croit. Crédit : AFP

Les élevages ne sont pas toujours ce que l’on croit.
Crédit : AFP

Des mesures à l’échelle européenne seront en effet prises pour limiter le trafic d’animaux souvent élevés dans des conditions peu appropriées et qui génèrent des maladies en tous genres. Car il s’agit ici d’un trafic juteux, devenu le troisième mondial derrière le trafic d’armes et celui de drogues. C’est pour cela que les députés ont décidé d’instaurer un partage de données à propos des chiens, chats et autres animaux de compagnie pour lutter contre le commerce illicite de ces animaux. Un communiqué de presse de la Santé Publique  indique : « Dans une résolution non contraignante, le Parlement demande à la Commission de veiller à la compatibilité des bases de données des États membres concernant les chats et les chiens, et d’envisager d’établir également des bases de données pour les autres animaux de compagnie. Les députés estiment que l’obligation d’enregistrer les animaux de compagnie ainsi qu’un partage d’informations à l’échelle européenne permettraient de réduire les possibilités de falsification des documents, de contribuer à combattre le commerce illégal, d’identifier l’origine de foyers de maladies, et de lutter contre les abus et mauvais traitements infligés aux animaux. » Ce procédé existe déjà dans plusieurs pays membres de l’Union Européenne mais maintenant la Commission veillera à ce que toutes les bases des différents pays soient compatibles. Le but recherché de ces réglementations est de réduire la « falsification des documents, de contribuer à combattre le commerce illégal, d’identifier l’origine de foyers de maladies, et de lutter contre les abus et mauvais traitements infligés aux animaux. » selon ce communiqué.

Le cas des animaux de compagnie

Chiots et chatons sont souvent importés des pays de l'est. Crédit : DR

Chiots et chatons sont souvent importés des pays de l’est.
Crédit : DR

Souvent importés des pays de l’est car moins chers, les animaux de compagnie seraient au nombre de 100 000 chaque année à arriver sur le territoire français illégalement selon la Fondation 30 Millions d’Amis. Selon la SPA, ils seraient 700 000 rien que pour les chiots. Les femelles doivent enchaîner portée sur portée et se transforment en « machines à pondre ». Ces animaux sont fréquemment élevés en batterie, ce qui fait de ces élevages de véritables mouroirs, comme c’est le cas pour les poules pondeuses élevées en batterie. Un grand nombre d’entre eux peuvent également se retrouver dans des petites annonces dans les journaux (souvent des gratuits) ou sur internet.

Dans de nombreux élevages, les contrôles sanitaires se font rares et beaucoup de chiots et de chatons sont enlevés à leurs mères très tôt (7 à 8 semaines après leur naissance) et n’ont donc pas le temps d’être sevrés correctement, ce qui apporte des maladies diverses.  N’ayant pas eu l’occasion de se sociabiliser non plus, beaucoup d’entre eux développent plus tard des troubles du comportement. Brigitte Piquetpellorce, ex-directrice de la cellule anti-trafic de la SPA, raconte la maltraitance dans les élevages : «Il faisait -10 degrés dehors. Des chiens faméliques grelottaient. Certains avaient les yeux collés par le pus. D’autres étaient enfermés dans un hangar, dans l’obscurité totale. Certaines bêtes n’avaient jamais vu la couleur du jour, décrit-elle. Un grillage avait été posé à l’intérieur sur lequel des chiens s’étaient crevé les yeux. Les chiennes, prévues pour la reproduction, avaient des tumeurs énormes aux mamelles.»

En octobre 2015, la Fondation 30 Millions d’Amis avait déjà obtenu une ordonnance du Ministère de l’Agriculture qui stipule que toute personne voulant produire dans le but de vendre un jeune animal de compagnie (chien et chat) doit se déclarer auprès de la chambre d’agriculture et ainsi obtenir un numéro SIREN. Le but de cette démarche s’inscrit dans celle de la nouvelle d’aujourd’hui : dissuader les particuliers de vendre des animaux pour le bénéfice, ce qui réduit l’offre de ce marché et permet indirectement de lutter contre l’abandon (suite à un achat impulsif par exemple).

Le cas des animaux sauvages

A Dubaï, il est courant d'adopter de gros félins en animaux de compagnie. Crédit : DR

A Dubaï, il est courant d’adopter de gros félins en animaux de compagnie.
Crédit : DR

Concernant ces animaux, le trafic est bien présent également : accessoires ou vêtements, carrières dans le spectacle, animaux sauvages comme animaux domestiques, comme à Dubaï où le dernier caprice des riches personnes est de s’offrir un lion… Le braconnage menace les espèces déjà en voie de disparition et bien que des protections soient mises en place, il reste pratique courante malheureusement.

 

Même si certaines associations comme la SPA avec sa Cellule Anti-Trafique font leur possible pour démanteler ces réseaux, cela reste un véritable fléau pour nos compagnons. On ne peut donc qu’espérer que cette loi se révèle efficace et n’oubliez pas : il est de loin préférable d’adopter en refuge plutôt que d’acheter en animalerie !

Aurélie Delvar

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