Le Parti animaliste, pour « faire émerger la question animale en politique et la rendre incontournable » 1


Politique : né le 14 novembre dernier, le Parti animaliste entre en jeu sur l’échiquier politique français et compte bien faire entendre la voix de ceux qui n’en ont pas. Isabelle Dudouet-Bercegeay, cofondatrice et porte-parole du Parti animaliste, a accepté de répondre à nos questions.

Comment le Parti Animaliste est-il né ?

Au cours de l’été 2014, lors d’un colloque sur la question animale, la création d’un projet politique autour de la question animale s’est imposée comme une étape nécessaire à son avancée.

Un groupe s’est alors formé et travaille depuis à sa concrétisation. Ce groupe a tout d’abord étudié les outils qui permettraient de politiser la question animale et les expériences entreprises dans les autres pays.

Il a ensuite rejoint la dynamique initiée par le parti néerlandais Partij voor de Dieren (Parti pour les animaux) en participant aux rencontres internationales se déroulant chaque année et réunissant les différents partis animalistes.

Le groupe a ainsi pu échanger et s’enrichir de leurs expériences, ce qui a contribué à nourrir sa réflexion sur la construction du Parti animaliste. Le travail de groupe s’est organisé par le biais de séminaires de travail bimestriel et de réunions hebdomadaires. Le Parti animaliste a été officiellement créé en mars 2016.

Il a été lancé officiellement le 14 novembre 2016.

Qui en sont les fondateurs ?

Je vous propose de vous rendre sur notre site internet afin de voir les profils détaillés des fondateurs (avec nos photos) : https://parti-animaliste.fr/fondateurs/

J’attire votre attention sur le fait que nous n’avons pas de président, en revanche nous avons 4 coprésidents.

Quel est son objectif ?

Le but du Parti animaliste est de contribuer à faire émerger la question animale en politique et à la rendre incontournable. En effet, une part croissante de l’opinion publique prend conscience de l’importance de cette question, de plus les connaissances scientifiques livrées par l’éthologie confortent plus encore la nécessité d’un tel changement.

Quelles sont ses propositions phares ?

  • Adosser à la Constitution française une Charte de la protection animale reconnaissant le caractère sensible des animaux, leur intérêt à ne pas souffrir, et les responsabilités qu’ont l’État et les citoyens envers eux.

  • Créer un Ministère de la Protection animale

  • Renforcer la protection des sanctuaires marins français et en créer de nouveaux.

  • Abolition de la corrida et des combats de coqs par la suppression de l’alinéa 7 de l’article 521-1 du Code pénal et des alinéas 3 des articles R 654-1 et  R 655-1 du Code pénal.

  • Abolir le piégeage et toutes les pratiques de la chasse de loisir (chasse à courre, vénerie sous terre, chasse en enclos, lâchers, agrainage, et chasses traditionnelles entraînant de longues agonies comme gluaux, tendelles, tenderies, lèques, lacs, matoles).

  • Interdire la production, l’importation et le commerce de la fourrure.

  • Créer une agence nationale des méthodes non-animales dont la vocation sera d’accompagner la transition de la recherche expérimentale sur animaux vers des méthodes n’utilisant pas d’animaux

  • Faciliter l’admission des animaux de compagnie dans les Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) ou dans les foyers d’hébergements d’urgence et les Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale.

  • Interdire les mutilations pratiquées en élevage (épointage du bec, castration, amputation de la queue, écornage…).

  • Abolir la pratique du gavage, abroger l’article L 654-27-1 du code rural et de la pêche maritime et interdire l’importation de produits issus de l’alimentation forcée d’animaux.

  • Interdire toute possibilité d’abattre un animal sans insensibilisation préalable.

  • Accorder un droit de visite inopinée des élevages et des abattoirs aux associations de protection animale visées à l’article 2-13 du code de procédure pénale

  • Instaurer un moratoire sur les élevages en cage (interdire les installations nouvelles et l’extension des existantes) et interdire totalement l’élevage en cage sous 10 ans.

  • Fixer un objectif national de réduction de la consommation de produits animaux (viande, poisson, œufs, lait) de 25% en 2025 par rapport à 2015.

Un autre parti a été récemment créé : le P.A.C.T.E. En quoi ce parti antispeciste et le vôtre sont-ils différents ?

Le Parti animaliste est un parti monothématique, n’abordant que la question animale. Le PACTE quant à lui aborde différentes thématiques.

Quelles actions concrètes comptez-vous mettre en place pour sensibiliser et agir pour la cause animale ? (Intervention dans les écoles ? prisons ? entreprises ? hôpitaux ? maisons de retraite ?)

Dans notre programme nous proposons notamment de réintégrer et développer dans les programmes scolaires l’enseignement du respect des animaux, ainsi qu’une initiation à l’éthologie, intégrer un module de droit animal dans la formation des professionnels de la justice (Facultés de droit, CRFPA, ENM), et former toute personne amenée à travailler au contact d’animaux à des bases d’éthologie et d’éthique.

Nous proposons aussi de faciliter l’admission des animaux de compagnie dans les Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) ou dans les foyers d’hébergements d’urgence et les Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale.

Comment comptez-vous vous y prendre pour faire connaître votre parti et gagner la sympathie de potentiels électeurs ?

Les réseaux sociaux et les médias classiques nous aiderons à nous faire connaître, des associations ont également déjà commencé à parler de nous. Les propositions de notre programme reflètent nombre de demandes fortes de beaucoup de Français, las de l’inaction des pouvoirs publics en ce sens, aussi il serait dans la logique que nombre d’entre eux aient envie de voter pour le Parti animaliste.

Comment le Parti Animaliste est-il financé ?

Nous sommes indépendants et ne recevons aucun financement d’autres partis politiques.

Qui sont vos soutiens ? Que représentent-ils pour vous ?

Certaines associations reconnaissent l’intérêt d’un parti centré sur la question animale et estime qu’il pourra contribuer à faire avancer la question animale. Le rôle des associations, par le travail précieux qu’elles font aux quotidien et par l’expertise qu’elles ont acquises, pourront faire émerger des propositions dont le parti animaliste pourrait être le relais au niveau politique.

Les partis animalistes européens, qui étaient d’ailleurs pour nombre d’entre eux représentés lors du lancement du Parti animaliste le 14 novembre dernier, le soutiennent. Le Parti animaliste s’inscrit à cet égard dans un mouvement international de politisation de la question animale, des synergies s’étant créés entre différents partis.

En outre, des personnalités telles que Hélène de Fougerolles, et Henri-Jean Servat soutiennent d’ores et déjà l’initiative portée par le Parti animaliste.

Le Parti Animaliste n’est focalisé que sur des problématiques de protection animale. Qu’en est-il des problématiques « humaines » telles que l’économie, l’éducation, la santé, l’environnement, la sécurité, etc. ?

Nous avons fait le choix de nous positionner uniquement sur  des thématiques  qui touchent les animaux, de façon directe ou indirecte. En effet, le choix du Parti animaliste de ne se positionner que sur la question animale et sur les thématiques qui s’y rapportent, tend à visibiliser cette question qui est actuellement diluée, voire marginalisée au profit d’autres questions, et de permettre ainsi de montrer qu’elle est susceptible d’avoir un électorat qui lui est propre.

Pour autant, la question animale intéresse tout autant des thématiques fondamentales pour les humains.

Concernant l’environnement, il est établi par des rapports scientifiques l’impact de l’élevage sur l’environnement puisqu’il est responsable d’au minimum 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre.

En outre, l’élevage accapare ⅔ des terres agricoles mondiales alors que le rendement est en moyenne de 7 kilos de protéines végétales pour produire 1 kilo de protéine animale. Il s’agit là incontestablement d’un gaspillage de ressources alors même que 800 millions d’êtres humains souffrent de malnutrition.

Comptez-vous présenter un candidat aux élections présidentielles de 2017 ?

Non mais aux législatives oui.

A quel candidat aux présidentielles accorderiez-vous votre soutien ? Vous considérez-vous plus de gauche, de droite, du centre ?

La question animale est transversale, elle concerne toutes les familles politiques, toutes les catégories sociales, les ruraux comme les urbains, les jeunes comme les personnes âgées, …A ce jour nous n’avons pas décidé de soutenir un candidat aux élections présidentielles..

A l’issue des élections présidentielles, que deviendra le Parti Animaliste ? Est-il voué à disparaître ?

Nous présenterons des candidats aux élections législatives, et nous nous inscrivons dans la durée, comme les autres partis européens pour les animaux, afin de jouer pleinement notre rôle, qui est de politiser la question animale.

> Retrouvez le programme complet du Parti animaliste sur son site


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Commentaire sur “Le Parti animaliste, pour « faire émerger la question animale en politique et la rendre incontournable »

  • Coriolan

    Le 22 novembre 2016 se tenait la conférence de presse inaugurale du nouveau collectif Animal Politique, réunissant vingt-six associations, ayant préparées un Manifeste de trente propositions couvrant six thématiques. Structure d’accueil amenée à s’élargir progressivement et à se rapprocher certainement du Parti Animaliste, comme du PACTE. ANIMALPOLITIQUE.COM

    – Melvin JOSSE. Militantisme, politique et droits des animaux. DROITS DES ANIMAUX.NET
    – Christophe TRAÏNI. La cause animale. PUF
    – Pierre-Jérôme DELAGE. Thèse sur la condition animale. Prix Jean CARBONNIER, 2014
    – FONDATION-DROIT-ANIMAL.ORG
    – RESEAU-SENTIENCE.NET Réseau animaliste étudiant.