Interview Olkan Elijah, fondateur de FUDA : « Cette année, on durcit le ton » 1


Olkan Elijah, président et fondateur de l’association FUDA (Forces Unies pour les Droits des Animaux) nous a accordé un entretien à l’occasion de sa seconde grande manifestation « (R)evolution 2 » qui se tiendra Place de la république à Paris le samedi 12 septembre prochain. Désormais, l’association durcit le ton et exige que la réforme du statut juridique de l’animal ne soit pas juste symbolique.

La Gazette Animale est partenaire de cet évènement.

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– Depuis le 28 janvier dernier, l’animal est reconnu par le Code civil comme un « être vivant doué de sensibilité » est-ce que cela vous parait suffisant ?

Très clairement non ! Sinon on ne se retrouverait pas à Paris cette année encore… Je vais être honnête, le projet initial de l’article 515-14 avait des aspects intéressants. Puis, sans rentrer dans le détail, des incohérences dramatiques pour la cause animale sont apparues. Finalement on ne cherche plus à débattre de cette question. L’article 515-14, c’est un symbole, ça nous montre que la société avance, que les moeurs changent. Les partis politiques s’ouvrent à la discussion. Mais on est encore dans des choses très théoriques : dans la pratique, rien ne change. Maintenant, c’est clair, on veut que la théorie rejoigne la pratique. Au lendemain de cette modification du code civil, il y avait toujours autant de maltraitance animale. Notre objectif aujourd’hui, c’est de faire dégringoler les chiffres catastrophiques de la maltraitance ; or ils ne baissent pas. L’article 515-14 n’apporte aucune réponse concrète.

– En septembre 2014 vous aviez organisé une grande manifestation pour que l’animal ne soit plus considéré comme un objet. 3 000 personnes ont répondu à votre appel à Paris. Après cette victoire symbolique, vous lancez une seconde manifestation le 12 septembre prochain sur le même principe, la Gazette Animale est partenaire de cet évènement. Le combat a t-il changé ou est-ce le même finalement ?

Nos revendications sont les mêmes. Je dirai même qu’elles se durcissent cette année. Nous avons l’impression que l’on se moque de nous. Le vote de l’article 515-14 en Janvier s’est très vite fait pour des raisons politiques. Or, on sait que lorsque l’on réforme un statut juridique, il ne sera plus étudié pendant une très longue période après sa promulgation. Cette évolution symbolique ne nous convient pas. Par exemple, l’histoire du chien enterré a été extrêmement médiatisée. Alors, nous aimerions que des jugements exemplaires soient mis en application par le simple intermédiaire de la loi qui est pourtant claire dans ce genre de cas. Je ne suis pas juge, mais si ce propriétaire ne mérite pas la peine maximale qu’il risque, je ne vois pas ce qu’il mérite…

Au centre, Olkan Elijah entouré de membres de l'association. Photo Nicole Perrot

Au centre, Olkan Elijah entouré de membres de FUDA. Photo Nicole Perrot

– Quels sont vos projets pour la rentrée à part votre grande manifestation ?

Un de nos plus gros projet c’est le défi Vegan de Fuda : Le but est qu’en un clic, l’internaute puisse tout comprendre, tout de suite. On retrouve sur cette page pourquoi il nous parait important de consommer vegan. Quelles sont les conséquences de l’agriculture de masse, quel impact cela peut avoir sur le climat etc… Ensuite l’internaute peut s’inscrire et essayer de relever notre défi qui consiste simplement à consommer vegan et à le faire partager à vos amis sur les réseaux sociaux. On propose également un guide, une vidéo et quelques conseils pour vraiment le faire le plus sérieusement possible. 

– Pourquoi est-ce une cause qui vous tient particulièrement à coeur ?

Je suis vegan parce que je refuse l’exploitation et la souffrance animale. Cependant, je fais très attention à ce terme « vegan »: il est symbole d’un changement, c’est un terme que l’on entend de plus en plus dans les médias, j’ai l’impression que la société commence à le comprendre. Néanmoins, j’ai l’impression que c’est un terme qui peut très vite nous isoler. Or notre but, c’est de faire comprendre que le végétalisme peut devenir un nouveau modèle de société. Ce mot est plein d’espoir mais il peut rapidement réducteur par rapport au combat que l’on mène.

– Revenons sur l’histoire de FUDA, quand est-ce que l’association a été créée ?

L’association Fuda est née en 2011 en Amérique du sud, par hasard. A l’époque, j’étais en lutte contre le trafic d’animaux sur place. Le premier objectif était d’unir les associations car comme on dit, « l’union fait la force ».

– Cette vocation associative, vous l’aviez depuis toujours ?

Quand j’étais adolescent, je suis tombé sur un article du magazine Paris Match annonçant l’assassinat de la primatologue américaine Dian Fossey. Je ne la connaissais pas du tout. L’article retraçait sa vie, son parcours.  L’essentiel de son travail reposait sur l’étude des gorilles. Elle est devenue très populaire ce qui a permis à travers ses prises de paroles à changer l’inconscient collectif qu’il y’avait à l’époque sur les gorilles. Pour faire court, elle a appris au monde entier que le gorille était inoffensif. Ce jour-là, j’ai eu un déclic, cette article m’a bouleversé.

– Mais vous ne vous êtes pas dirigé vers les associations tout de suite ?

Au départ, non pas du tout. Je me suis finalement retrouvé dans la musique par hasard, par l’intermédiaire de rencontres, mais toujours avec la perspective de revenir à ma passion qui était la cause animale. Aujourd’hui, En parallèle de mon activité associative, je suis infographiste afin de gagner ma vie et payer mes déplacements réguliers à l’étranger. 

– Sur votre site on découvre régulièrement le dernier sauvetage grâce à votre service « Urgences Sauvetages Adoptions ». Comment fonctionne ce service ?

Ce principe existe dans plusieurs association, il s’agit de recueillir des animaux abandonnés. Chez nous, ce service existe depuis deux années. Il a d’abord été imaginé par une de nos bénévoles. Elle aimait le terrain mais au départ nous intervenions avec les moyens du bord. Puis un jour, nous avons réussi à sortir un sans domicile fixe et ses chiens de la rue. Je vous raconte cela car ce sauvetage a crée une chaine de solidarité et a dynamisé le service. Aujourd’hui c’est Gaëlle De Vresse qui s’occupe de ces sauvetages. On recueille plein de sortes d’animaux et nous avons plusieurs relais en région. On a pris conscience qu’il fallait que chaque association mette en commun ces relais, alors on travaille à la création d’un grand répertoire commun. 

– Enfin, une dernière question sur l’actualité : sur notre site, nous parlons régulièrement de la cruauté envers les animaux et de la chasse légale dans certains pays d’Afrique etc… Qu’est ce que la mort du lion Cecil vous a inspiré ?

La mort du lion Cecil a mis en lumière une banalité dramatique : la chasse légale, le braconnage etc… Mais en tant qu’occidentaux et association, intervenir là-bas peut être très mal vécu par la population locale. L’homme blanc est perçu à la fois comme arrogant mais aussi comme stupide puisqu’il y a fait toutes les bêtises du monde. Cependant, sa mort a mis en lumière un réseau et un business. Et peut-être que cela fera changer les choses. Ce sursaut des consciences m’a rendu optimiste, et lorsque l’on mène un combat associatif, je crois que l’optimisme est nécéssaire.

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Commentaire sur “Interview Olkan Elijah, fondateur de FUDA : « Cette année, on durcit le ton »

  • Liliane Gonzalez

    A mes yeux, cette lecture est un message d’ espérance car officialiser de cette manière une cause aussi dure à défendre est de l’ ordre de l’ exploit. Je suis très touchée par l’ intelligence de coeur et d’ esprit d’ Olkan . Jusqu’ à présent pour des raisons d’ ordre personnel, je n’ ai pas pu m’ investir plus avec fuda mais je pense ne pas tarder a rejoindre ce mouvement qui peut être celui de notre siècle. En effet, une véritable révolution , une véritable évolution de la conscience Humaine se profile avec ce regard sur les  » plus petits que soi » et l’ intention de ne plus fermer les yeux comme s’ il s’ agissait d’ une  » affaire » extra planétaire … qui ferait de nous des êtres impuissants. Non! nous ne pouvons accepter cette souffrance , car nous sommes en droit de rappeler aux politiques que nous souffrons de cet état de chose… de cette Condition Animale sur notre terre et dans nos société. Il est bon de leur rappeler qu’ ils ont le pouvoir car nous…. le peuple…. leur donnons…. A nous de nous Exprimer. Merci Olkan Merci FUDA