Film : « Je suis un soldat », le trafic des chiens sur grand écran 3


Je suis un soldat de Laurent Larivière est sorti au cinéma le 18 novembre dernier. La Gazette animale est allée le voir et vous livre sa critique.

Rarement (jamais ?) avait-on vu au cinéma la réalité du trafic de chiens, qui est pourtant le troisième trafic mondial après celui des armes et de la drogue. Un sujet bon pour les campagnes des associations de protection animales et les sites militants, mais pas pour le 7ème Art, pourrait-on penser. Laurent Larivière, le réalisateur, a pris un vrai risque en choisissant ce sujet pour son premier film de fiction. Et c’est tout à son honneur, d’autant plus que le public est loin d’être acquis.

Je suis un soldat, c’est l’histoire de Sandrine (Louise Bourgoin), une trentenaire sans emploi forcée de retourner habiter chez sa mère – qui vit dans la précarité à Roubaix – faute de logement et de travail. Embauchée par son oncle Henri (Jean-Hugues Anglade) qui tient un chenil, Sandrine découvre alors les travers du commerce de chiens, et les trafics qu’ils impliquent.

On ne peut pas reprocher au film de montrer (enfin !), et même de dénoncer, ce qui se cache derrière les vitrines des animaleries. Les hangars glacials et sombres, la maltraitance, la mort, sont autant d’images presque insoutenables mais qui ont au moins le mérite d’être enfin révélées au public. Si l’objectif de Laurent Larivière est de déclencher une prise de conscience chez le consommateur, on peut dire que le pari est réussi.

Chienne de vie

Cependant, il est bien dommage qu’un sujet si grave et si terrible que le trafic de chien soit mêlé à un scénario fragile dont l’action se déroule sur fond de misère sociale. « J’ai envisagé le trafic de chiens comme une allégorie de la violence de la société contemporaine », a d’ailleurs déclaré Laurent Larivière à L’Express.

On ne peut pas dire que le sujet du trafic soit traité en superficie, car le film entre plutôt bien dans les détails, et même pour les chiens acteurs, le tournage n’a pas dû être de tout repos. En revanche, l’ensemble forme un mélange peu convaincant et plein d’incompréhensions que même le jeu de Louise Bourgoin ne parvient pas à sauver. Son personnage, qui nous apparaît tantôt comme attendrissant, tantôt comme insupportablement insensible au sort des chiens, est bien difficile à suivre. Sans parler de la fin qui est on-ne-peut-moins-crédible.

On en ressort sur notre faim, avec, toutefois, l’envie irrépressible de partir, tel un super-héros, démanteler tous les trafics de chiens du monde…

je suis un soldat 2

Elisa Gorins


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3 commentaires sur “Film : « Je suis un soldat », le trafic des chiens sur grand écran

  • SOL Tibo

    Je n’ai pas vue le film et je n’irai pas le voir ……Je suis tellement contente que enfin quelqu’un a mis ses culottes ……pour afficher la triste vérité….Je ne suis pas défaitiste mais je vois pas de lumière au bout du tunnel pour sauver ces pauvres chiens ….Depuis quelques années c’est vraiment un sujet qui a pris de l’ampleur parce qu’il y a beaucoup plus de clarté …Comment faire pour arrêter ce fléau , un chien est un animal de compagnie pour protéger ses maitres et non pour s’emplir l’estomac , ou ben donc en faire des martyrs avant de les tuer pour avoir leurs peau ….La rage me monte au cœur et les larmes aux yeux qu’il y ait autant de maudit BARBARES pour tuer un animal venu au monde pour sauver des gens et même a aller jusqu’à donner leur vie ……J’espère qu’il va y avoir une suite a ce film parce qu’il y a trop de chose a rendre public en ce qui concerne l’animal fait pour vivre ……..Sol