Du cadavre d’animal dans ton dentifrice


Dans beaucoup de nos produits de consommation courante se cache des « coproduits » issus de cadavres d’animaux.

On retrouve des "morceaux" de cochons dans pleins de produits. Crédit : DR

On retrouve des « morceaux » de cochons dans pleins de produits.
Crédit : DR

La tendance vegan est plus que jamais présente aujourd’hui : lait, fromage, miel… on connaît les aliments qui proviennent d’animaux mais qu’en est-il dans les produits de consommation courante lorsque l’on creuse un peu le sujet ?

Beaucoup de nos produits de consommation courante, ceux-là même qui nous paraissent les plus inoffensifs et dont on aurait du mal à se passer contiennent en réalité des matières animales. De la gélatine de porc dans les dentifrices, par exemple ou de la graisse animale dans les peintures et dans l’essence. Mais cela n’est pas vraiment connu du grand public et il faut être un vegan aguerri pour connaître les moindres petits secrets de nos produits.

En réalité, ces substances proviennent de cadavres d’animaux issus des élevages ou d’abattoirs, d’ateliers de découpe ou encore de boucherie. Ce sont des morceaux qui ne sont pas utilisés dans ces professions, tels que le sang ou le pancréas, qui seront par la suite employés pour être incorporés dans nos produits. D’ailleurs, la grande majorité de ceux-ci se retrouvent dans la nourriture pour animaux ainsi que dans les cosmétiques.

Ces substances animales sont appelées « coproduits » et proviennent toujours d’animaux sains et destinés à une consommation humaine, même s’ils ne sont pas utilisés pour l’alimentation humaine en tant que telle.

En 2014, pas moins de 3,5 millions de tonnes ont été récoltées pour la fabrication de ces produits selon le Syndicat des industries françaises des coproduits animaux (Sifco). La réglementation est stricte : seules les sociétés d’équarrissage peuvent venir enlever et ensuite traiter les cadavres d’animaux, qui sont ensuite relayés à des sociétés spécialisées ou à des abattoirs pour travailler la matière.

Peut-être que ces matières permettent des usages intéressants, mais du point de vue éthique c’est une autre affaire. Pour Brigitte Gothière, cofondatrice de l’association L214 : « On s’approprie le corps animal, il est réduit en esclavage, comme une chose banale, alors que ce n’en est pas une. On n’envisagerait jamais d’utiliser des cadavres humains dans les cosmétiques ».

Mais comment se passer de ces produits ? Il existe des dentifrices vegan ou que l’on peut faire soi-même en suivant une recette comme celle-ci. Mais il devient plus dur de se passer de l’essence à moins d’être adepte du vélo. C’est dans cette logique que Brigitte Gothière appuie ses propos en disant : « Si les femmes savaient que les crèmes qu’elles s’étalent sur la figure étaient faites avec des animaux morts, je doute qu’elles continueraient à trouver ça très sexy. Il faudrait une meilleure information, que ce soit au moins écrit clairement sur l’emballage et que l’on puisse le voir sans être obligé de chausser ses lunettes ! »

Dans beaucoup de savons et de bougies sont incorporés de la graisse de bœuf ou de porc. Si un doute vous envahit, vous pouver regarder si le produit contient du « INCI » qui est le tallowate de sodium.

 

Comment sont utilisés les animau. Crédit : Celene, Sifco, Atermax

Comment sont utilisés les animau.
Crédit : Celene, Sifco, Atermax

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