Des employés de Seaworld infiltrent la PETA


Le 25 février dernier, l’entreprise américaine de parcs aquatiques Seaworld a reconnu avoir demandé à l’un de ses employés d’infiltrer l’association de défense des animaux PETA.

Spectacle dans le parc de San Diego. Crédit : AP

Spectacle dans le parc de San Diego.
Crédit : AP

En juillet dernier, l’association de défense des animaux PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) accusait le parc de San Diego en Californie d’avoir infiltré l’un de leurs employés, Paul McComb, dans l’association et d’avoir tenté d’inciter les membres à des actions violentes afin de discréditer celle-ci. L’employé avait été suspendu en attendant les conclusions de l’affaire mais a, depuis, repris son travail au sein du parc. Le groupe Seaworld avait alors déclaré : « Ces allégations à l’égard […] d’un employé de Seaworld sont très préoccupantes. Ces allégations, si elles s’avèrent vraies, ne sont pas cohérentes avec les valeurs de Seaworld et ne seront pas tolérées. Nous avons placé cet employé en question en congé administratif le temps de mener notre enquête. »

Jeudi 25 février 2016, l’affaire rebondit : le groupe affirme que plusieurs de leurs employés ont bel et bien infiltré l’association. Dans un communiqué de l’entreprise, il est annoncé : « Le conseil d’administration a donné pour instruction à l’équipe de direction du groupe de mettre un terme à cette pratique consistant à faire passer plusieurs employés pour des militants des droits des animaux ». Pour leur défense, ils ajoutent que cette pratique visait à  « assurer la sécurité des employés, des clients et des animaux du groupe après les menaces crédibles reçues par l’entreprise ». Cependant, il n’a pas été précisé combien d’employés ont infiltré la PETA.

 

Ce que reproche la PETA à Seaworld

Marisa Miller pour la PETA, "Seaworld sépare les mères et les enfants depuis 1970" Crédit : PETA

Marisa Miller pour la PETA, « Seaworld sépare les mères et les enfants depuis 1970 »
Crédit : PETA

Pour la PETA, les mammifères marins qu’utilisent les parcs pour leurs spectacles sont réduits à l’état d’esclaves. Tracy Reiman, vice-présidente exécutive de la PETA, remarque : « Des animaux morts continuent d’être découverts dans de petits aquariums, avec une mort chaque mois depuis novembre ». En 2013, un documentaire choc, « Blackfish » (L’orque tueuse en français) dénonçaient les conditions de vie des orques dans ce type de parc. A travers l’histoire de Tilikum du Seaworld d’Orlando, qui développait un comportement psychotique et avait fini par tuer trois personnes dont une dresseuse, le public a pu prendre conscience de la vie en captivité de ces gros mammifères. Les visites avaient nettement diminuées en partie grâce à cette campagne. Plus récemment, une interview de John Hargrove, ancien entraîneur d’orques à Seaworld et auteur du livre Sous la Surface a également entaché l’image de l’entreprise. Il évoque notamment dans cette interview la séparation précoce des mères et de leurs petits (argument repris par la PETA pour l’une de leur campagne), mais aussi les accidents que provoquent la captivité des orques et qui peuvent se révéler mortels pour les entraîneurs. Pour se rattraper, les dirigeants de Seaworld  ont annoncé : l’agrandissement des bassins dans le parc de San Diego (fin des travaux prévue en 2018), la fin progressive à partir de 2017 des spectacles avec des orques pour les montrer dorénavant dans un cadre plus naturel et a promis de ne plus capturer d’orques dans leur milieu naturel.

Flash info du 09/03/2016 : Un tweet de la PETA nous apprend que l’orque Tilikum du reportage Blackfish cité plus haut est très malade et est en train de se battre pour rester en vie… Une triste nouvelle !

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