COP21 : Magà Ettori projette son film sur la cause animale Faeryland au Sénat


Jeudi 10 décembre, c’était la Journée Internationale des Droits de l’Homme, mais également celle des Droits des Animaux. Ce n’est donc pas un hasard si l’Institut Citoyen du Cinéma a choisi cette date pour diffuser, au Sénat, le film de Magà Ettori, Faeryland, dans le cadre de la Convention des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP21). La Gazette animale s’est rendue à cet événement.

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Au Palais du Luxembourg, les convives traversent la grande cour pavée et prennent place, émerveillés, dans une salle destinée au colloque organisé par l’Institut Citoyen du Cinéma. Face à eux, une petite estrade, un écran, et, sur le côté, on commence à dresser un buffet vegan préparé par Hugues Rivard, gérant du restaurant Loving Hut.

Dans ce lieu empreint d’histoire où l’avenir – et le présent – des citoyens se joue au quotidien, on ne peut s’empêcher d’espérer que la projection du film Faeryland, qui traite de la cause animale, ait un échos jusqu’au cœur des débats politiques.

Les politiques, « ces hommes et ces femmes qui luttent contre l’obscurantisme », c’est justement à eux que pense Magà Ettori en entamant son discours. « Il est de notre responsabilité de choisir nos représentants », rappelle le réalisateur alors que le premier tour des élections régionales vient d’avoir lieu. « La politique, c’est la jungle, mais sans les animaux », ironise-t-il.

Magà Ettori, réalisateur du film Faeryland et président de l'Institut Citoyen du Cinéma. - Crédit : Elisa Gorins/La Gazette animale

Magà Ettori, réalisateur du film Faeryland et président de l’Institut Citoyen du Cinéma. – Crédit : Elisa Gorins/La Gazette animale

« La politique, ce n’est pas la jungle, car dans la jungle, il y a des dominants et des dominés. En politique, il n’y a que des prédateurs », nuance Sylvie Goy Chavent (UDI). Sénatrice depuis 2008, mais aussi enseignante et maire d’un petit village, elle soutient la démarche de l’Institut Citoyen du Cinéma.

« Un politique doit se mettre en danger tous les jours. On se sert du pouvoir que l’on a pour rendre service aux gens. On a beaucoup de choses à faire pour la planète », déclare-t-elle.

Magà Ettori est bien d’accord : « Le monde auquel nous aspirons ne se bâtira pas tout seul ». C’est bien pour cette raison qu’il est indispensable que nous soyons tous acteurs de ce changement. Le salon VeggieWorld, qui existe depuis 25 ans en Allemagne et fait ses premiers pas en France, va dans ce sens : c’est l’occasion de faire découvrir un autre mode de vie, totalement vegan. Et à l’heure où notre avenir se joue au Bourget, lors de la COP21, la question d’un mode de vie respectueux de la nature est plus que jamais d’actualité.

25ème Prix Artiste Citoyen du Monde

Ce colloque est aussi l’occasion de désigner les lauréats du 25ème Prix Artiste Citoyen du Monde. Fondé en 1990 par l’Institut Citoyen du Cinéma, ce Prix récompense des artistes pour leur engagement pour la paix, le vivre ensemble, la diversité culturelle, la liberté absolue de conscience, la biodiversité et le respect de toute forme de vie, l’harmonie avec la nature, la défense et la promotion des droits humains ainsi que ceux du règle animal.

Ce prix, décerné par Souad Amidou, est attribué à Jane Goodhall, Nathalie Portman, Yves Duteil, et Matthieu Ricard. Chaque lauréat recevra son trophée lors d’une cérémonie organisée en janvier 2016. Seule Jane Goodhall a d’ores et déjà reçu son prix à la Cité des Sciences, il y a quelques jours.

Jane Goodall reçoit le Prix Artiste Citoyen du Monde 2015 à la Cité Des Sciences et de l’Industrie. - Crédit : Jacques Viallon

Jane Goodall reçoit le Prix Artiste Citoyen du Monde 2015 à la Cité Des Sciences et de l’Industrie. – Crédit : Jacques Viallon

« Pour la paix et l’harmonie de la Nation Mosaïque »

Après cette remise des prix, le débat continue en musique. Le discours de Magà Ettori est ponctué de pauses musicales. Lorsque le réalisateur s’interroge : « Allons-nous trouver un accord universel au Bourget ? Allons-nous survivre à ces négociations ? », la chanteuse Cathy Varna lui répond en chanson avec le célèbre titre « I will survive ».

Magà Ettori l’affirme : « Pourquoi nous battons-nous ? Pour la paix et l’harmonie de la Nation Mosaïque. Parce que nous sommes des rêveurs. » Et Cathy Varna accompagnée de Sonia Andeme d’interpréter « Imagine » de John Lennon, a capella. C’est sur ces images, d’un public chantant en cœur cet hymne à la paix, que le débat se clôt et que la projection du film Faeryland commence.

Faeryland véhicule les valeurs du respect de toute forme de vie. C’est un film humaniste qui traite de la cause animale d’une manière singulière puisqu’il met en parallèle deux univers : un monde onirique aux inspirations celtiques et médiévales, et le nôtre. C’est une mise en abyme où les comédiens et les militants sont mélangés, de même que des images d’archives avec des prises de vue réelles dont la beauté est remarquable. Décors, costumes, lumières et jeux des acteurs contrastent ainsi avec l’obscurité des scènes de maltraitance animale.

Toutefois, Magà Ettori assume la violence de certaines images. Et si la version qui sera proposée au public en mai 2016 lors de la sortie nationale de Faeryland, sera un peu plus « soft », le réalisateur préfère lancer un appel : « Il faudra arrêter l’holocauste pour arrêter les images ».

 

Le réalisateur Magà Ettori entouré de ses invités sur les marches du Palais du Luxembourg. - Crédit : Jacques Viallon

Le réalisateur Magà Ettori entouré de ses invités sur les marches du Palais du Luxembourg. – Crédit : Jacques Viallon

Elisa Gorins

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