Consommer éthique : Une mode sans fourrure 6


A l’approche de l’hiver se pose la sempiternelle question du choix du manteau. « Lequel je vais choisir? » « Quelle est la tendance de cet hiver? », ou encore « Lequel fera le meilleur effet? ». Pour certains, la question est « comment acheter le plus responsable possible? »

Un achat responsable, qu’est ce que c’est ?

C’est un achat de produits et services plus respectueux de l’environnement, de la faune et de la flore. Qui dit faune dit animaux, et qui dit animaux dit fourrure.

Vous l’avez compris, nous allons parler aujourd’hui de fourrure, et du pourquoi consommer éthique et responsable ne rime pas avec acheter de la fourrure.

Aujourd’hui, plus de 80 % des magasins dans lesquels nous entrons ont au moins 1 article avec de la fourrure : capuche, manteau, manches, bonnet, toutes les occasions sont bonnes pour y mettre de la fourrure. C’est devenu une des grandes tendances, et on la retrouve partout depuis quelques années. Les plus grands créateurs la revendiquent, et les magasines de mode en font souvent l’éloge car « chic, élégante et chaude ».

Mais pourtant, les associations de défense des animaux luttent chaque année contre cette tendance. Animaux piégés, enfermés, électrocutés et torturés, c’est le prix pour avoir une bordure de capuche en fourrure.

La fourrure est un véritable commerce, et on ne connaît souvent pas, ou très peu, les coulisses de cette production que l’on retrouve partout.

L’industrie de la fourrure

Qui dit fourrure dit « animaux privés de liberté ». Ces animaux sont piégés, pour ensuite être enfermés et confinés dans des cages minuscules, sales et puantes jusqu’à l’heure de leur mort. Les plus utilisés pour ce commerce sont les renards et les visons. Le site web MesOpinions estime au niveau mondial en 2011 3.7 millions de renards tués pour leur fourrure et à 59 millions de visions en 2012. Ce ne sont pas les seules victimes de cette industrie : des putois, des chinchillas, des lynx, des castors, des coyotes et des millions de chats et chiens sont tués chaque année au nom de la mode.

De nombreuses enquêtes et témoignages provenant de PETA, Fourrure torture, ou encore de Mode sans fourrure, montrent que ces animaux subissent tous des souffrances psychologiques et physiques atroces, avant de mourir empoisonnés, gazés, ou, le plus courant, tués par électrocution anale. Ce processus consiste en fait à fixer une pince sur le museau de l’animal, à introduire une barre métallique dans l’anus, puis à envoyer une décharge électrique. Le terme « tuer » est bien souvent aléatoire, car beaucoup de ces animaux sont dépecés alors qu’ils sont encore vivants, et simplement étourdis. Autre méthode peu connue, chez les moutons, pour produire de la peau d’agneau de la meilleur qualité qui soit, on tue la mère enceinte, et on récupère le fœtus pour ensuite le dépecer.

Un coyote pris au piège pour l'industrie de la fourrure. Crédits ; DR

Un coyote pris au piège pour l’industrie de la fourrure. Crédits : DR

Oui, pour préserver la meilleur qualité de fourrure possible, les éleveurs utilisent des méthodes qui supposent essentiellement d’atroces souffrances chez les animaux.

Une industrie inconnue, celui du commerce de la fourrure de chiens et chats

Si la France a interdit en 2006 la commercialisation et l’importation de peaux de chiens et chats, ils subissent pourtant les pires atrocités en Asie, et particulièrement en Chine, ou aucune réglementation n’est présente. Selon le site MesOpinions, deux millions de chats périssent chaque année dans des conditions horribles : ces chats et chiens, enfermés toute leur vie, sont tués par pendaison avec un collet ou battus à coups de gourdin et saignés à mort…

Des chats enfermés au Nord de la Chine, avant d'être "transformés" en fourrure. Crédits : DR

Des chats enfermés au Nord de la Chine, avant d’être « transformés » en fourrure. Crédits : DR

Le berger allemand est la race la plus appréciée pour sa fourrure : les « gris » se vendent un peu plus cher que les « jaunes » et on fait même passer leur fourrure pour celle du renard ou du raton laveur asiatique.

Ce commerce, interdit aux Etats-Unis, en France et en Europe, est dissimulé au moment de l’étiquetage. Les vêtements en fourrure de chiens et chats sont étiquetés sous formes d’autres appellations telles que « chat lippi », « lapin », « loup d’asie » ou « dogue de chine ».

Les pays complices de cette « industrie de la souffrance »

Aujourd’hui, les principales fermes à fourrure se situent dans les pays scandinaves, en Russie, au Canada, en Pologne, aux Etats-Unis et de plus en plus en Chine où les lois pour la défense des animaux et leur protection sont totalement absentes. La France fait également partie de ce marché. On y trouve une vingtaine d’élevages de visons : 150 000 visons ont été gazés pour leur fourrure. Le pays compte aussi plusieurs élevages de ragondins et de chinchillas. Fourrure Torture, une association luttant contre ce commerce, estime que 40 millions de fourrures de lapins sortent annuellement des abattoirs français.

fourrure-pays-complices

Alors, faut-il se tourner vers la fausse fourrure?

Il faut faire très attention, car un prix bas ne signifie pas forcément que la fourrure n’est pas vraie. Selon l’association Mode sans fourrure, on trouve en effet de la vraie fourrure sur des manteaux par exemple, à moins de 35 euros… Il faut donc être vigilent. L’appellation « synthétique » sur l’étiquette, n’est pas obligatoirement réelle, car oui, fabriquer de la fausse fourrure coûte souvent plus cher que de produire de la vraie. Certaines espèces comme le coyote et le lapin sont très peu chères, et cela est donc bien plus rentable que de fabriquer de la fausse.

Alors, dans ces cas là, il est utile d’apprendre à distinguer la vraie fourrure la fausse. Animalter, une association luttant pour un comportement plus responsable envers les animaux, propose un article à ce sujet afin de ne plus se faire avoir.

En cas de doute, le mieux étant de ne pas acheter de fourrure du tout, vraie ou fausse.

Les marques refusant la fourrure

De plus en plus de marques disent « non » à la fourrure et à son exploitation. Alors, pour soutenir ces marques dans leur initiative, il est important de les connaître. La liste, mise à jour régulièrement tout comme celle de celles qui utilisent de la fourrure, est diffusée sur le site de Mode sans fourrure.

En cas de doute, le mieux étant de ne pas acheter de fourrure du tout, vraie ou fausse.

Si la fourrure est « chaude et agréable », n’est-il pas plus agréable d’apprécier les animaux dans leur milieu naturel, plutôt que sur un manteau?

Sonia Khemiri

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

6 commentaires sur “Consommer éthique : Une mode sans fourrure

  • guillemard Marilyne

    Bonjour,
    Je ne savais pas comment ils tuaient ces pauvres bêtes… Enfin je n’avais pas chercher car c’est vraiment terrible.
    J’ai une amie qui a un manteau avec une capuche… Vraie ou fausse… Pour moi c’est de la vraie mais l’étiquette dit le contraire… Est-ce qu’une marque peut menteur sur sa provenance ?
    Cordialement
    Marilyne

    • lagazetteanimale

      Bonjour Marilyne,

      Merci pour votre commentaire !

      Certaines marques arrangent parfois la réalité en inscrivant des informations peu claires sur les étiquettes. Tout dépend de ce qui est écrit dessus, mais aussi du prix, car un vêtement avec de la vraie fourrure coûte plus cher.

      La Rédaction.

  • santander

    A tou ceux qui lisent cet articleet les commentaires,je n’aurai qu’une seule phrase: vraiE ou fausse n’achetez PAS ou PLUS de ce qui ressemble ou est de la fourrure… Ainsi nous tuerons ces modes débiles, et surtout inutiles, car nousne vivons pas dans lePôle Nord ni dans l’Arcticte quand même. Les animaux souffrent, trop, pour nourrir ceux qui ont décidé de les mangern mais lorsque ce n’est pas utilen franchement, arretons le massacre.. LImaginez vous que l’on vous arache vos cheveux a vif… vous m’en direz des nouvelles!