La chute de l’ URSS et ses conséquences sur les animaux


Une étude publiée dans Conservation Biology a montré que les populations de certains animaux ont soufferts de la dislocation de l’Union Soviétique. Le changement de gouvernement aurait eu des conséquences loin d’être anodines sur l’environnement de ces espèces.

« De rapides changements dans les institutions gouvernementales et sociales peuvent grandement affecter les efforts de conservation de la biodiversité car ils s’accompagnent souvent d’une surexploitation des ressources naturelles. » Cette phrase, qui introduit l’étude publiée le 9 janvier 2015 sur le site Conservation Biology, permet aisément d’en comprendre le titre. Intitulée, « Déclins rapides des populations de grands mammifères après la chute de l’Union Soviétique », elle met en évidence une très forte baisse du nombre de grands mammifères en Russie depuis le début des années 1990. Les populations d’élans, d’ours bruns et de sangliers auraient été les plus touchées. Même si aujourd’hui chacune semble s’adapter de sa propre façon.

 

Le sanglier a su faire preuve de remarquables facultés d'adaptation pour modifier son mode de vie et ainsi augmenter sa population. © Philippe Morant

Le sanglier a su faire preuve de remarquables facultés d’adaptation pour modifier son mode de vie et ainsi augmenter sa population. © Philippe Morant

DES CONSEQUENCES NOMBREUSES ET VARIEES

La fin de l’URSS a eu tellement d’impact sur l’écosystème que chaque espèce en a vu son habitat et son mode de vie modifié. Le sanglier aurait, ainsi perdu sa principale source de nourriture. En effet, comme l’explique à la BBC Pénélope Bragina coauteur de l’étude, « Le sanglier est friand de cultures, dont certaines, du temps de l’Union soviétique, étaient plantées spécialement pour lui. » De même, l’élan aurait vu disparaître les forêts de jeunes arbres dont il était si friand. On peut cependant noter que le sanglier semble aujourd’hui avoir trouvé de nouvelles sources de nourriture, puisque sa population est récemment repartie à la hausse.

Cependant si beaucoup d’espèces ont effectivement perdu un nombre important d’individus, ce constat ne s’applique tout le temps. Une seule espèce a su tirer profit de la disparition du régime soviétique : le loup gris. « L’Union soviétique contrôlait la population du loup gris. Il y avait des incitations pour les chasser. Mais, bien sûr, pendant la tourmente de l’effondrement, les gens avaient d’autres préoccupations. » Les scientifiques ont donc logiquement enregistré une augmentation de 150% auprès des populations de loups au cours de la dernière décennie. Augmentation qui aurait influée sur le déclin de la population d’élans durant le même laps de temps.

Les auteurs de l’étude concluent sur l’importance qu’un soutien international soit mis en place dans de telles circonstances. Faute de quoi, « des espèces importantes ou emblématiques risquent d’être mises en péril. »

Léo d’Imbleval

 

 

 

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