Cheval : La maladie du Lundi 2


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Un cheval souffrant de la maladie du Lundi transpire beaucoup - Crédits : Dr Laurène Ebrard

Un cheval souffrant de la maladie du Lundi transpire beaucoup – Crédits : Dr Laurène Ebrard

Les pathologies musculaires sont des affections fréquentes chez le cheval. Il est important pour le propriétaire de savoir d’une part comment les éviter, et d’autre part les gérer avec son vétérinaire.

Il existe plusieurs types de pathologies musculaires, nous n’en développerons ici qu’une, la plus fréquente, la rhabdomyolyse d’effort, plus communément connue sous le nom de « coup de sang », elle est aussi appelée « la maladie du lundi » du fait de son apparition suite à un exercice après une période de repos. Il existe aussi des myopathies d’origine génétique, plus rare et que l’on ne retrouve que chez certaines races prédisposées, notamment la RER (Recurrent Exertional Rhabdomyolysis), et la PSSM (Polysaccharide storage Myopathy) que nous ne développerons pas ici.

Le Coup de sang

  • Causes prédisposantes:

Caractère du cheval :

un tempérament un peu chaud, stressé facilement.

L’excès de glucides:

Lorsque le cheval est laissé au repos pendant une période, période de convalescence, ou jour de repos, celui-ci reçoit tout de même sa ration journalière en concentrés. Cependant cet apport glucidique n’est pas utilisé car le cheval ne travaille pas, l’apport est donc trop important par rapport à l’exercice. On observera alors dans certains cas un coup de sang lors de la reprise de l’exercice physique.

– Effort trop important par rapport au niveau d’activité classique du cheval:

Le coup de sang peut aussi apparaître lorsqu’on demande au cheval un effort auquel il n’est pas habitué sur un plan physique, l’effort musculaire demandé étant trop important, pendant une durée trop longue, les muscles finissent par en pâtir, aboutissant au coup de sang.

  • Comment reconnaître un coup de sang?

Le coup de sang peut être très franc auquel cas on observera les signes cliniques suivants:

  • Raideur de l’arrière main, allant jusqu’au refus de se déplacer du cheval du fait de la douleur
  • Paralysie musculaire postérieure, le cheval ne peut pas bouger ses masses musculaires postérieures
  • Sudation importante, et tremblements, la sudation témoigne de la douleur du cheval, en effet les muscles sont extrêmement douloureux lors d’un coup de sang.
  • Masses musculaires dures et douloureuses à la palpation. En passant la main sur l’arrière main du cheval, les muscles y sont très durs, contractés, et le cheval témoigne d’une douleur lors de leur manipulation.
  • Signes de douleurs assimilables à une colique, le cheval peut se regarder les flancs, gratter, ou parfois marcher dans son box lorsqu’il le peut.

Lors de l’observation de ces signes il faut donc appeler le vétérinaire immédiatement afin qu’il puisse diagnostiquer le problème et mettre le traitement adéquat en place rapidement.

Parfois le coup de sang peut évoluer à bas bruit, dans ces cas là on parle de coup de sang sub-clinique, on ne décèle que quelques signes si le cavalier est expérimenté et connaît bien son cheval.

Crédits : Dr Laurène Ebrard

Si le cheval présente des symptômes de la maladie, il faut appeler un vétérinaire qui mettra un traitement en place – Crédits : Dr Laurène Ebrard

  • Convalescence

Après un coup de sang il est conseillé de mettre le cheval au box, avec du foin pendant quelques jours et tous les jours faire des sorties au pas en main n’excédant pas une durée de 10 minutes. Chaque semaine le vétérinaire recontrôle les dosages des enzymes musculaires, une fois celles-ci revenues à la normale, il est possible pour le cheval de reprendre le travail progressivement.

  • Prévention des coups de sang
  • Au travail :
  • Détendre progressivement les chevaux avant chaque séance de travail
  • Instaurer une récupération active, ainsi qu’un stretching après le travail pour favoriser la récupération musculaire
  • Faire des pauses au cours de l’exercice
  • Dans l’alimentation :
  • Diminuer les concentrés au maximum, pour que la quantité donnée soit en adéquation avec le niveau de travail
  • En parallèle augmenter la quantité de foin dans la ration, l’apport conseillé est le double de la quantité de concentrés distribuée (idéalement).

Dr Laurène Ebrard


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