Brebis et chasse au loup sous la tour Eiffel


Des éleveurs ont lâché des centaines de brebis au pied de la tour Eiffel le 27 novembre afin de protester contre les attaques de loups. Une opération « coup de poing » lancée par la Fédération nationale ovine (FNO) et la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).

brebis tour eiffel

Les éleveurs veulent protester contre l’augmentation du nombre d’attaques de loups © Patrick Kovarik AFP

Le jardin du Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel, avait des airs de campagne, hier. Une campagne où les éleveurs combattent les loups pour protéger leur bétail. Car, comme s’il s’agissait d’une vraie ouverture de chasse au loup, des centaines d’éleveurs en colère ont protesté contre ce « prédateur » au son du cor de chasse.

Une transhumance symbolique

Originaires d’Auvergne, du Languedoc-Roussillon et de Chmpagne-Ardennes, les bergers expriment à travers cette manifestation un « ras-le-bol » face au nombre d’attaques croissant dont leurs brebis sont victimes : elles auraient doublé en quatre ans. Ils réclament donc le droit de tuer davantage de loups. Et ce, alors même que Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, a augmenter il y a encore quelques mois le nombre de loups annuel à achever, élevant ainsi le seuil de 24 à 36 individus.

300 brebis ont élu domicile sous la tour Eiffel, face aux regards interloqués des touristes et des promeneurs de chiens matinaux. Depuis mardi, ces troupeaux traversent la France depuis la Haute-Loire en passant par l’Allier pour cette « transhumance symbolique », a expliqué au Point Claude Font, président de la section régionale ovine d’Auvergne. Dernière étape de cette migration peu commune : le ministère de l’Agriculture, où Stéphane Le Foll a reçu les bergers et quelques-uns de leurs ovidés.

Un troupeau de 300 brebis a été conduit au Champ-de-Mars par les éleveurs en colère. © Julien Nény

Un troupeau de 300 brebis a été conduit au Champ-de-Mars par les éleveurs en colère. © Julien Nény

Les défenseurs des animaux scandalisés

De leur côté, les défenseurs des loups s’insurgent face aux actions de la FNO et de la FNSEA. Le réseau CAP Loup, ensemble d’associations de protection de la nature, a confié au Parisien que les éleveurs « se trompent d’ennemi : le loup est une cible très facile à désigner, fédératrice pour des syndicats agricoles dépassés par les difficultés profondes de la filière ovine ». Pour de nombreux protecteurs de l’espèce, le loup n’est en effet qu’un bouc-émissaire contre lequel s’acharnent les éleveurs…

« La population de loups est certes actuellement dans une dynamique plutôt positive au niveau national et ce retour naturel est une chance formidable pour nos écosystèmes, a ajouté le réseau CAP Loup. Mais la conservation de l’espèce n’est pas encore assurée en France. Notre pays comme les autres doit prendre sa part dans la protection des loups. C’est à la fois une nécessité patrimoniale et une obligation réglementaire de la France au niveau européen. »

Rappelons que les actions de la FNSEA font actuellement beaucoup de bruit : au début des mois, des agriculteurs en colère avaient maltraité et tué des ragondins dans les rues de Nantes. Lundi dernier, c’est à un sanglier qu’ils s’en sont pris, en le pendant et en le dépouillant sous les yeux de François Hollande.

Elisa Gorins

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