Acheter un lion ou un éléphant pour 50 dollars ? C’est possible !


lion-looking-at-sunset

Victime d’une sécheresse mettant en péril son économie, déjà en pleine crise, le Zimbabwe a décidé de vendre sa faune sauvage.

Cinquante dollars, c’est la somme qu’il suffit de verser pour obtenir un animal sauvage provenant du Zimbabwe. Du moins, pour tenter de l’obtenir.

En effet, si l’envie vous prenait d’adopter subitement un éléphant ou un lion, il vous suffirait d’envoyer un simple dossier de candidature à la Zimparks, l’agence nationale qui gère les parcs nationaux du Zimbabwe, accompagné d’un virement de 50 dollars (soit 44 euros). Une fois votre demande étudiée, vous seriez alors susceptible de devenir le papa ou la maman adoptif(ve) d’un animal de compagnie peu ordinaire… 
Une seule condition : les acheteurs doivent avoir « la capacité pour acquérir et prendre soin d’animaux sauvages », ce qui reste une notion assez vague. 

Quel avenir pour les animaux vendus ?

Cette décision du gouvernement zimbabwéen est une opération très risquée. Elle pourrait encourager de nombreuses personnes mal intentionnées à acquérir un animal sauvage pour leur plaisir, et pourrait, craignent les défenseurs des animaux, conduire à de terribles situations : les animaux pourraient faire l’objet de nouveaux trafics, devenir des animaux de cirque, ou encore être tués pour leur ivoire ou leur peau… Sans parler de leur transport qui peut mettre leur vie en danger.

Lorsqu’on sait qu’un éléphant vaut entre 40 000 et 60 000 euros, on peut imaginer le pire pour cette espèce… Rappelons d’ailleurs qu’en 2015, le Zimparks avait vendu 24 bébés éléphants à un parc à thème animalier situé en Chine.

La décision du Zimbabwe est d’autant plus problématique qu’elle va à l’encontre des moratoires sur la vente d’espèces sauvages imposés par la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages). Le commerce de certaines espèces, notamment le rhinocéros et le pangolin, est en effet interdite.

Mais pour le ministre de l’Environnement, Oppah Michinguri, une telle opération est justifiée : « Notre écosystème ne peut pas accueillir un large nombre d’animaux. Nous pouvons donc exporter et vendre plus d’éléphants et d’autres animaux à ceux qui sont disposés à prendre soin d’eux », a-t-il déclaré en janvier dernier. Espérons que le gouvernement effectuera un vrai travail d’enquête sur tous ceux qui prétendront pouvoir « prendre soin » d’un animal sauvage…

Elisa Gorins

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *