171 animaux retrouvés morts chez une quinquagénaire, ou l’échec de la Justice française


Lundi, 171 animaux morts ont été retrouvés dans une ferme du village de Crupilly, dans l’Aisne, appartenant à une quinquagénaire.

La fondation Assistance aux Animaux a pris en charge une centaine d'animaux vivants. - Crédit : DR

La fondation Assistance aux Animaux a pris en charge une centaine d’animaux vivants. – Crédit : DR

Cette femme de 52 a été placée en garde à vue à la gendarmerie de La Capelle pour « détournement d’animaux saisis, refus de restitution d’animaux saisis, détention de cadavres, exploitation d’une installation classée sans déclaration et rébellion », ainsi que pour avoir « mordu un gendarme lors de l’interpellation lundi », a déclaré à l’AFP le procureur de Laon, Baptiste Porcher.

Les cadavres de chiens, de chats, d’un iguane et de deux faucons, notamment, ont été découverts dans des congélateurs.

Les gendarmes de La Capelle ainsi que des bénévoles de la fondation Assistance aux Animaux ont également trouvé 39 animaux vivants dans la ferme, dont 15 chiens, des rongeurs, des caprins, un bouc ou encore une mygale.

Plus tard dans la journée de lundi, les autorités ont mis la main sur 73 autres chiens en vie, cachés dans un entrepôt désaffecté.

Au total, ce sont plus d’une centaine d’animaux, dont la plupart se trouvent dans un état déplorable, qui ont été pris en charge par la fondation Assistance aux Animaux.

Du laxisme pour cette récidiviste

Ce macabre fait divers est révélateur d’un problème bien plus grave : celui de l’échec de la Justice française qui minimise les peines infligées aux personnes coupables de maltraitance envers les animaux. En effet, cette femme n’en est pas à son coup d’essai : elle était déjà poursuivie pour sept infractions en lien avec la détention d’animaux, parmi lesquelles «gestion d’un refuge sans autorisation», «privation de nourriture» ou «maintien d’un animal domestique dans un habitat pouvant être cause de souffrance», explique l’AFP.

En 2011, après un contrôle vétérinaire, cette femme s’était vue retirer une soixantaine de chiens et des animaux de ferme détenus dans des conditions exécrables.

Le 17 décembre dernier, elle a été condamnée par le tribunal correctionnel de Laon à deux peines d’amende avec sursis de 500 euros et 300 euros, ainsi que d’une contravention de 100 euros. Autant dire des peines dérisoires. D’autant plus que la Justice avait également demandé la confiscation des animaux, ce qui, vraisemblablement, n’a eu absolument aucun effet.

Scandale : 4 mois de prison avec sursis

Mise à jour 31 décembre :  Jugée mercredi après-midi au tribunal correctionnel de Laon, la quinquagénaire a été condamnée à 4 mois de prison avec sursis ! Seuls cinq des six chefs de prévention ont été retenus contre elle, notamment le fait d’avoir refusé de remettre les animaux à la fondation Assistance aux animaux, et d’avoir détenu un grand nombre d’animaux sans aucune autorisation légale.

Le plus scandaleux dans cette tragique histoire est que l’acte de cruauté envers un animal n’a pas été retenu par le président Philippe Melin. Ce dernier a en effet considéré que la femme n’avait pas l’intention de faire souffrir les bêtes.

Bien que le Procureur de la République Baptiste Porcher demandait une peine de six mois de prison ferme et une interdiction de détenir des animaux, celle chez qui on a retrouvé 171 animaux morts s’en tire finalement avec 4 mois de prison avec sursis avec mise à l’épreuve de deux ans et obligation de soins psychologiques ! La Justice n’a pas interdit la propriétaire de détenir des animaux à l’avenir…

Elisa Gorins

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