14 Juillet : ma Révolution contre les feux d’artifice


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Le 14 Juillet… quelle idée débile que ce truc d’humains ! Chaque année, c’est le même cirque. Et vas-y que ça pète dans tous les sens, et vas-y que je t’envoie des fusées colorées dans le ciel… ! Mais qu’est-ce que c’est que ce délire ?

L’an dernier, je me souviens, avec ma famille, on avait été au bord d’une plage pour regarder le feu d’artifice. Heureusement, on était tous resté dans la voiture pour le voir. Mais les vitres ne m’ont pas empêché d’entendre le bruit sourd atroce du feu. C’était horrible, comme des coups de fusil. Et en dépit de l’attitude détendue de ma maîtresse, je n’avais qu’une envie : fuir.

Hélas, l’expérience s’est renouvelée cette année. A mon plus grand désespoir, ma maîtresse a eu la drôle d’idée de m’emmener voir à nouveau ce fameux feu d’artifice du 14 Juillet. Mais cette fois, c’était pire : nous n’étions pas en voiture.

Il était 23h. J’avais déjà fait ma promenade du soir, une heure plus tôt, avec ma maîtresse. D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi, mais elle avait choisi de partir en trottinette. Je pense que c’était dans le but de me faire courir, étant donné qu’à cause de la pluie, je ne m’étais pas du tout dépensée de la journée. Donc à 23h, lorsqu’elle a dit qu’on allait se « promener », je me suis mise à remuer la queue. Attachée en laisse, j’ai marché gaiement à ses côtés. J’étais si heureuse de passer du temps avec elle ! Et visiblement, elle était également ravie de partager un moment spécial avec moi. On a marché longtemps, plus longtemps que d’habitude en tout cas. Et lorsqu’enfin, on s’est arrêtée, on a attendu quelques minutes au beau milieu de la foule. Il y avait beaucoup de monde, et tous les humains attendaient, figés dans la même direction. Mais qu’attendent-ils ? me demandais-je.

Et puis j’ai compris. Le ciel a commencé à s’embraser, et les détonements ont retenti. Ma maîtresse m’a mise dans mon sac de transport pour que je m’y sente plus en sécurité, mais j’ai immédiatement voulu descendre. Alors elle m’a prise dans ses bras, mais ce n’était guère mieux. Je tremblais comme une feuille et ne pensais qu’à courir. A ce moment-là, je me suis souvenu d’un chien que j’avais rencontré au cours d’une promenade, qui m’avait raconté qu’il s’était enfui et perdu un soir de 14 Juillet, à cause des feux d’artifice qui lui faisaient peur. Je ressentais la même chose.

Ma maîtresse a fini par comprendre mon état de terreur, et a accepté de repartir. Je me suis mise à tirer sur la laisse de toute mes forces, moi qui ne tire pourtant jamais… Mais ma maîtresse marchait si lentement, se retournant plusieurs fois pour regarder le ciel. Je me disais « dépêche-toi, dépêche-toi, tu ne vois pas que c’est dangereux de rester là ? », mais elle ne semblait pas inquiète du tout, et essayait même de me rassurer. En vain.

J’ai senti sa déception de ne pas avoir pu assister à ce « spectacle », mais elle ne m’a pas grondée de le lui avoir fait manquer. Je pense qu’elle sait que c’est une célébration créée par des humains et pour des humains. Les chiens n’y ont pas leur place, bien que sur leur chemin du retour, j’en aie croisé quelques-uns qui ne paraissaient pas vraiment affolés… Au moins maintenant elle est avertie : la prochaine fois qu’elle m’emmène fêter un 14 Juillet, c’est moi qui ferai la Révolution.

Nala

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